Les producteurs de la pomme de terre sont encore revenus protester devant le cabinet du wali hier dans la matinée. Pour rappel, ces agriculteurs spécialisés dans la culture du tubercule avaient sollicité l’aide des pouvoirs publics pour permettre à leur production de se maintenir à un prix qui préserverait leurs investissements. Faute de quoi, ces producteurs avaient menacé de boycotter la prochaine saison. Il va de soi que dans ce cas de figure extrême, c’est la bourse du citoyen qui en pâtirait.
Ceci dit, actuellement le prix du kilo de pomme de terre avoisine les cinq dinars au marché du gros, alors que le coût de revient est estimé à 25 dinars. Mais cela n’est que la résultante logique d’une économie soumise aux lois d’offre et de la demande. Il faut dire que rien que dans la région, 4 000 hectares sont réservés à la culture du tubercule. Et le rendement a avoisiné les 350 quintaux par hectare. Un petit calcul mental nous renseigne à quel point la production est importante. L’excédent pour cette année serait de l’ordre de 300 000 tonnes à l’échelle nationale.
En fait, pour permettre et au consommateur et au producteur de se retrouver, il faudrait que le surplus de pomme de terre soit conservé dans des chambres froides. Et ceci est justement le propos essentiel du rassemblement d’hier. « Nous n’avons pas où conserver notre production ! », nous explique un producteur. « Il nous arrive de faire jusqu’à quatre wilayas par jour sans trouver de chambre froides », enchaîne un autre. D’autres producteurs laissent même entendre que les responsables locaux font montre de favoritisme s’agissant de la conservation du tubercule. Dans l’après-midi d’hier, la colère des agriculteurs est montée d’un cran. Aux environs de 15 heures et sans crier gare, les protestataires ont déversé la pomme de terre sur le bitume de la RN 5, au niveau de la sortie est de Bouira. L’obstruction de la route a ainsi créé un bouchon impressionnant. Las d’attendre, les usagers qui ne pouvaient prendre leur mal en patience ont carrément fait demi-tour. Sur les lieux du blocage, les éléments de la gendarmerie n’ont pu ramener les agriculteurs à de meilleurs sentiments. A l’heure où nous rédigeons ce papier, se trouvaient des responsables locaux à Lakhdaria en visite de travail.
Quoi qu’il en soit, les protestataire semble déterminés et affirment revenir à la charge du bitume de la RN 5 autant de fois qu’il le faudrait, jusqu’à ce que leurs revendications soient entendues.
T.O. A.
