L’eau, l’emploi et un second accès font défaut

En observant bien la disposition des maisons de Hay Manzal de Lakhdaria, qui seraient d’environ 350 à 400, cela donne en schématisant le chiffre 4. Elle aurait été nommée Manzal par les anciennes générations de Lakhdaria, « en rappel » au poste d’atterrissage des hélicoptères et avions militaires, que l’armée coloniale avait aménagé dans cette zone. Comme revient aussi sur toutes les lèvres le nom de Bouderballa, le riche terrien auprès duquel les occupants de Manzal avaient acquis les lots à bâtir. Chose remarquable, la rue des Frères-Medour, accueillant 90% des foyers, ne présente aucune habitation précaire, quant à celle qui va de la mosquée du centre-ville jusqu’à l’école Dermouche, où l’on trouve par-ci, par-là, des habitations en pisé. Hay Manzal résideraient 3 000 à 3 500 personnes, selon certains elles disposeraient des moyens d’accompagnement nécessaires : l’électricité, le gaz et l’eau, même si en raison de la faible prestation de l’ADE cette denrée vitale constitue la préoccupation première des résidants. Ces derniers reconnaissent que « la distribution s’est beaucoup améliorée cette première semaine de juillet sur la ligne des Frères-Medour » signalant toutefois que « du côté de la rue Dahmani présentant des accès en pente, l’eau ne parvient pas jusqu’aux robinets ». Ces habitants nous disent qu’ils ont été obligés de veiller jusqu’à 5 h de matin le mercredi 9 juillet, mais qu’aucune goutte n’est arrivée jusque chez eux. Hay Manzal, traversée par un seul accès, nécessite l’ouverture d’une autre route par le lieudit Dahmani, lequel dispose d’une piste impraticable ne demandent qu’à être réhabilitée. Et encore, l’unique passage vers hay Manzal est creusé sur quatre ou cinq endroits sur toute sa longueur, en raison de l’excès de vitesse remarquée chez certains automobilistes empruntant cette voie jouxtant pourtant une école primaire. Hay Manzal, très à l’aise en termes d’espaces à usage d’habitation, s’inquiète tout de même de l’avenir de ses jeunes, lesquels de jour comme de nuit « pointent » aux coins habituels du quartier et échangent les difficultés rencontrées au niveau des entreprise sollicitées pour un job, ainsi que les retombées négatives causées dans leur cellule familiale. A Hay Manzal, les sans-emplois n’aiment pas qu’on leur parle des dispositifs ANSEJ, et CNAC, ils diront « l’éligibilité ne nous a pas touché autant que nous sommes, alors comment voulez-vous qu’on y croit ». Un autre renchérit après ses camarades : « J’ai constitué un dossier ANSEJ en vue de bénéficier d’une unité de menuiserie, mais en vain » enchaînant: « Ceci s’est limité au dépôt du dossier, pas plus que cela ». Sur ces lieux où « s’organisent les débats », les jeunes de Manzal ne se cachent rien, chacun confie à l’autre ce qui lui tient à cœur, et c’est ainsi concluent-ils « qu’on vérifie si telle ou telle décision politique destinée en notre faveur est sérieusement appliquée sur le terrain ».

A. Cherif