Selon le responsable d’une agence d’assurance automobiles, à chaque fois qu’un assuré vient déclarer un accident, la question est la même « Avec un fourgon ? ». C’est à croire que ces véhicules pourtant si utiles, nécessaires et indispensables sont devenus une « menace » pour le commun des voyageurs et des usagers de la route. Car, comment expliquer que les embouteillages monstres ont toujours pour cause un fourgon dont le chauffeur a enfoncé la pédale du frein, n’importe où parce qu’un client a fait signe qu’il veut s’arrêter ? Tandis que les autres se retrouvent bloqués par des fourgons en attente ceux en circulation s’arrêtent au beau milieu de la chaussée, du pont, du virage, ou du croisement pour laisser les voyageurs monter ou descendre. Que le code de la route ait spécifié les cas de retrait du permis pour certaines « fautes », n’empêche nullement ces situations de générer des conflits et des querelles entre les chauffeurs. Et ce ne sont pas les autocars, bus et minibus qui s’inquiéteraient de céder le passage : la raison financière et commerciale prime sur le bon sens. Ces véhicules stationnent quel que soit le côté de la chaussée et les portières sont aussitôt ouvertes pour permettre de « gagner sa croûte » même si la sécurité des voyageurs n’est pas assurée, les portières se déversant sur la chaussée. « Vogue la galère ! Le principal est de remplir la caisse pour la journée ». Tant que des mesures ne sont pas prises contre ces « fous du volant », la sécurité des voyageurs ne saurait être garantie. Peut-être faudrait-il penser à organiser des séances de recyclage pour tous ces chauffeurs et leur inculquer le civisme dont ils ont oublié les valeurs pour raison commerciale? Certains, trop jeunes pour ce genre de responsabilité, apparaissent à peine au milieu du tableau de bord. Comment la conduite peut-elle être contrôlée dans ce cas ? Certains fourgons disposent de portières sur les deux côtés du véhicule, les usagers de la route ne savent plus de quel côté le passager va surgir et les services hospitaliers sont là pour recevoir tous ces gens-là dont on déplore les blessures ; malheureusement aussi, les conséquences fâcheuses et les décès, « les catastrophes routières » étant devenues le lot quotidien d’une société qui en est devenue trop tributaire. Combien de vies humaines seraient épargnées si l’on se penchait sur les solutions à apporter à la « maîtrise » du code par les possesseurs du permis ? Sans oublier les dégâts causés aux infrastructures ! Des ponts à rénover, des passerelles à redresser, des parapets à reconstruire ! Autant de dépenses dont la société se serait passée bien volontiers, ces sommes colossales pouvant servir à améliorer le réseau déjà vétuste.
Combien de familles ont été endeuillées par la circulation routière ? La Nationale 12 se classe parmi les premiers avec son triste « palmarès ». Mais les chemins de wilaya ont aussi leur lot, même si les accidents qui s’y produisent ne se retrouvent pas en page « Une » de la presse, en dépit d’une gravité et d’une fréquence largement supérieure à celle des autoroutes.
Sofiane Mecherri