Que de fois depuis des années, les bijoutiers d’Ath Yanni ont poussé un cri de détresse à l’adresse des pouvoirs publics, pour sauver un segment entier de la culture kabyle et algérienne- le bijou kabyle. Si par le passé, ce produit artisanal, par la qualité de sa fabrication, la pureté de sa matière, ses motifs expressifs et recherchés, a pu déborder non seulement de ses frontières locales en Kabyie, mais jouit d’une notoriété même à l’étranger, il n’en demeure pas moins, que les artisans souffrent le martyre et font face à des situations inextricables liées d’abord à la commercialisation du produit et à l’absence purement de statut d’artisan. Le ministre de la PME-PMI, a, à chaque occasion offerte, fait des promesses à ces gardiens du temple, afin de leur assurer une prise en charge effective, rien n’y fit, l’engagement s’estompe juste à la fin de la manifestation. Pourtant, le bijou d’Ath Yanni pratiqué à l’étoffement du patrimoine national est en passe assurer une fierté locale à toute la Kabylie. Le bijou kabyle est toujours présent dans les manifestations culturelles nationales et foires internationales, autant le bijou d’Ath Yanni bénéficie d’une cote commerciale, artisanale, culturelle, à même d’inscrire la culture nationale dans la bonne place dans la bourse des valeurs, autant ses artisans s’enlisent dans une crise multidimensionnelle, que seul l‘Etat dans son entité la plus large, est à même de venir assurer son dénouement. La politique commerciale qui assure à la fois, l’achat de la matière première, l’écoulement de la marchandise, la fiabilité, la couverture sociale est à revoir de fond en comble le souci réside dans le sauvetage de ce patrimoine ancestral, qui attire des milliers voire des millions de visiteurs et d’amateurs. Comment envisager une bonne santé économique, culturelle, de ce secteur de développement, si une réforme profonde n’est pas cogitée au secteur du tourisme et de l’artisanat dans sa globalité, à même de l’adapter aux nouvelles exigences et besoins de la politique de développement dans l’ère de la globalisation économique et de la mondialisation.
L’atout principal que les pouvoirs publics se doivent d’assurer est de peaufiner un statut particulier à l’artisan comme ne cessent de le revendiquer les bijoutiers en particulier et les artisans en général. Si le bijou d’Ath Yenni est en mesure d’avoir sa fête, ce n’est guère le cas des bijoutiers loin d’être concernés par le côté festif mais plutôt assoifés d’un intérêt particulier, à leur accorder comme corporation, ont besoin d’une prise en charge. Une maison de l’artisanat en place depuis des années, ayant formé d’illustres professionnels en la matière, vit à un rythme ralenti ces dernières années alors que l’établissement en question est doté de toutes les potentialités humaines en mesure de devenir un véritable pôle de formation professionnelle pour la jeunesse locale et régionale. La fête du bijou dans sa 8ème édition doit être une halte pour tous ceux mêlés à cette activité en amont comme en aval, afin de faire le point sur l’impérieuse nécessité d’engager une réforme idoine à ce secteur.
Indubitablement, des foules seront drainées par l’évènement du jour dont l’ouverture verra la participation du ministre de la PME-PMI, le wali de Tizi-Ouzou, les chefs de daïra, les directeurs, le P/APC d’Ath Yenni et des milliers de visiteurs, executif de wilaya la localité d’Ath Yenni comme Aïn El-Hammam. plus avec ses massifs boisés et accidentés, connais deplus d’un mois un intense redeploiement des forces de l’ANP dans le cadre de la lutte antiterroriste la tenue de la fête du bijou constitue en soi, un acte de resistence contre les forces de la regression, l’Etat algérien, le wali de Tizi-Ouzou, les pouvoirs publics, sont tous attendus à s’evertuer pour à de tels événements, celle du bijou à Ath Yanni, celle du tapis à Aït Aïchem ou de la poterie à Maâtkas et d’autres fêtes qui forment le socle culturel de la région, matrice de base d’une fierté nationale.
Khaled Zahem
