Site icon La Dépêche de Kabylie

A défaut de plage, l’oued fait l’affaire

Lequel parmi ces milliers d’usagers routiers empruntant le tronçon Lakhdaria-Béni Amrane, n’a pas remarqué en orientant son regard vers l’oued, ces dizaines de jeunes “stationnés” juste en bas des cascades d’eaux ruisselant des massifs montagneux ? Impossible de rater l’air de fête se déroulant en contrebas de la route nationale, marqué d’éclats de voix poussés par des baigneurs au contact de l’eau fraîche, de l’exposition au soleil des torses nus par-ci-par-là sur les rochers, et des cannes à pêche relevées vers le ciel guettant tout rapprochement d’une proie. “Certes, ce n’est ni Surcouf, ni la Madrague, et encore moins Moretti, mais sur ces lieux en fournaise, on ne peut pas s’empêcher de “piquer” une tête”, dit avec humour un baigneur. Parmi ces jeunes issus de familles sans ressources, il y’en a qui se baignent seulement dans cours d’eau limpide se déversant des hauteurs, “mais d’autres, raconte un jeune que nous avons approché, s’aventurent à nager dans les eaux troubles stagnantes”. Avec l’assèchement de l’oued à certains endroits, quelques creux gardent toujours “leurs pleins” d’eaux, lesquels sont exploités par ces jeunes de Lakhdaria en mal de sorties vers des lieux appropriés pour atténuer les chaleurs suffocantes de cette période estivale. “Ce sont des eaux impropres, explique notre interlocuteur, avec lesquelles il est déconseillé d’avoir un contact”. Pour lui, “prendre un bain dans la chute d’eau oui…, mais plonger dans ces retenues sales, jamais je ne le ferais”. Ici et là, sur toute la longueur traversant les gorges de Lakhdaria, se forment depuis l’embranchement d’entrée vers cette dernière jusqu’à la carrière située sur sa sortie ouest, une multitude de jeunes un peu partout épris de natation, dira notre accompagnateur, “ne quittent ces lieux, frais que tard dans la soirée”. Mais il doit bien y avoir une raison qui attire vers cette place, pour que les gens s’oublient à ce point sur ce coin perdu jusqu’à des heures tardives. En effet, s’il n’y avait pas eu en différents endroits des points d’eaux potables, récupérées grâce à des tuyaux placés dans les fissures de quelques rochers, il n’y aurait pas eu autant d’affluence. “Sans eau propre celui-ci ne serait pas autant sollicité, mais de la sorte les baigneurs en eaux troubles se douchent à chaque sortie des eaux stagnantes”, termine le résidant de Lakhdaria.

A. Cherif

Quitter la version mobile