Pour diverses considérations, dans les zones rurales, particulièrement en Kabylie on n’en connaissait point. Les différentes formes de solidarité villageoise et la fierté montagnarde font qu’il était quasiment impossible de rencontrer des mendiants. C’est une grande tare et un grand déshonneur pour tout le village dont est issu le mendiant ou la mendiante. Mais depuis quelques temps, l’on s’aperçoit malheureusement que ce phénomène a bel et bien gagné le milieu rural. En effet, ils sont là, ces mendiants, que ce soit au niveau des chefs-lieux communaux où ils choisissent leur petit coin pour « travailler » ou encore en train des sillonner les villages de la circonscription. Les uns originaires de la région, d’autres viennent des localités avoisinantes, voire même des régions arabophones (pour ceux et celles qui demandent de l’huile d’olive et des effets vestimentaires), ils mendient partout «des hommes et parfois même des femmes sillonnent nos villages pour mendier de l’huile d’olive que l’on retrouve, par la suite, sur les étals de vente quelque part ! C’est tout simplement de l’escroquerie», affirmera un père de famille du village de Sidi Ali moussa. Ainsi, il est devenu difficile pour le citoyen de distinguer le vrai nécessiteux du mendiant arnaqueur. En effet, on voit des femmes, des jeunes et des moins jeunes, des enfants se spécialiser dans ce créneau facile. «Honnêtement, il n’est pas facile de reconnaître un vrai démuni d’un faux mendiant !» ajoutera notre interlocuteur. C’est dire que ce phénomène est en train de se ruraliser surtout que les campagnards sont connus souvent pour leur générosité et même leur… crédulité, chose qui fait l’affaire des mendiants, les vrais et les arnaqueurs.
Idir Lounès
