Chanter l’amour de la patrie, une raison d’être

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Mustapha et Yahia forme un duo d’enfer dans le groupe Iksil, qui en est à son second album commercialisé intitulé Da Slimane, un hommage posthume à Slimane Azem. Le groupe cher à la région de Barbacha ne fait pas dans la quantité puisqu’il n’a que deux albums à son actif. Iksil préfère la chanson poétique d’antan imprégnée par une musique travaillée au goût du jour. La mélodie est agréable à écouter avec un verbe qui accroche l’auditeur.

Le dernier album du groupe, tout comme le précédent, est un véritable chef-d’œuvre dédié à la Kabylie, à l’Algérie profonde, avec tout ce qui est cher à cette patrie à laquelle Mustapha et Yahia ont dédié deux chansons. Comme un hymne à cette terre, la chanson-phare du dernier succès intitulé Azzul est le cri d’espoir d’une patrie trahie. Le texte parle de toutes les misères et les souffrances que traverse l’Algérie pour arriver à espérer des jours meilleurs à cette terre prospère. Lezzayer, une autre chanson de l’album est une suite logique à la première, elle chante les enfants ayant contribué à construire l’histoire de ce pays. L’Algérie est restée debout grâce à ses hommes valeureux. Nombreux et sincères sont ceux qui ont sacrifié leur vie. Slimane Azem est l’un d’eux, le pionnier de la chanson kabyle, “l’exilé éternel”, comme l’a chanté Iksil, a eu droit à un hommage digne de lui dans un morceau musical, son nom est donné cette dernière œuvre. Le groupe ne laisse rien passer afin de clamer haut et fort que la chanson kabyle est un trésor hérité des hommes de la trempe de Da Slimane lequel ne mérite pas d’être trahi. C’est dans cette optique qu’il revient dans un morceau intitulé Rray pour tirer sur ces “pseudo artistes” ayant défiguré la chanson du terroir, seule source d’inspiration d’un peuple longtemps bâillonné.

Il est devenu presque inadmissible de rappeler le parcours et les sacrifices du peuple kabyle sans parler de la JSK, le tremplin d’une jeunesse, havre de liberté et de paix. Iksil n’a pas oublié de chanter le plus célèbre club du pays pour terminer son album par une œuvre sentimentale titrée Assirem, car comme tout artiste engagé, le duo est persuadé que l’amour est le ciment de toutes les sociétés. Bien que les six chansons de ce dernier album soient variées en matière thématique et musicale, elles sont aussi des maillons formant une véritable chaîne d’un message d’éloges et d’amertume d’un pays qui se cherche. Au moment où l’on constate que la chanson spécial-fête a envahi le marché des disques, le groupe Iksil s’est distingué par une sortie courageuse, voire risquée de se consacrer à des thèmes engagés. Mais l’aventure est payante puisque le duo Mustapha et Yahia ne cesse de récolter l’estime et la considération pour leur travail qui honore la chanson kabyle, n’est-ce pas cela le meilleur hommage à nos artistes disparus.

Nadir Touati

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