Le bilan provisoire du redéploiement des forces locales de sécurité fait état de la capture d’un dangereux terroriste, en plus de la destruction de quatre casemates du GSPC. L’opération annoncée comme imminente, le week-end dernier, cible particulièrement des serriates sanguinaires de katibet El Ansar, dont le noyau d’action s’étend de Zemmouri à Mizrana, passant par les monts de Ghzerwal. A vrai dire, l’armée régulière, qui a renforcé ses positions dans plusieurs autres zones montagneuses de Boumerdès et de la Kabylie maritime, vient d’orienter encore une fois sa logistique vers les monts de Sidi Ali Bounab considérés comme base arrière du GSPC. Sans préciser le nombre de terroristes traqués, un responsable a déclaré hier, sous couvert d’anonymat, que l’opération actuelle peut ressembler à celle ayant permis, il y a trois ans, l’élimination d’une quarantaine de terroristes en moins de trois semaines. La même stratégie y est pratiquement appliquée. Les mitrailleurses de l’artillerie classique, installées au lieudit Bouyilef en bordure de la RN 12, ont été actionnées lundi dernier en fin d’après-midi en direction d’Ighzer Boulmane, jouxtant le poste 9, plus proche de Naciria que de Tadmaït. Peu de temps auparavant, des patrouilles militaires avaient découvert dans ce périmètre ciblé, a-t-on signalé, des touffes de poils éparpillées ici et là. Selon toute vraisemblance, les terroristes se sont rasés la barbe et déguisés en civils pour tenter de gagner les douars voisins. Mais l’encerclement de la dense végétation ciblée fut immédiat. Des patrouilles militaires la brûlent systématiquement, pendant que 7 hélicoptères de combat crachaient fer et flammes sur la vallée parsemée de rochers d’Ighzer Boulmane. Ayant eu le réflexe d’échapper aux flammes, un terroriste s’est rendi aussitôt aux forces de sécurité. Avant-hier vers 18h, deux autres éléments du GSPC, qui tentaient de s’enfuir, auraient été mortellement touchés par les tirs précis d’une patrouille militaire. Mais leurs corps n’ont pas été encore retrouvés. On ignore également le nombre de terroristes déchiquetés par les obus incendiaires de gros calibres. Succédant au pilonnage de l’artillerie classique, les frappes aériennes ont assurément déstabilisé, et ébranlé la horde islamiste locale, quatre casemates au moins localisées — à partir de radars d’hélicoptères — ont été systématiquement détruites. Et plus important encore, les aveux éventuellement soutirés au terroristes capturés pourraient donner un essor à cette opération militaire. L’objectif principal de ce redéploiement militaire est, semble-t-il, d’en finir avec les hordes islamistes irréductibles du GSPC qui tentent de grossir leurs rangs tout en renflouant leur trésor de guerre par le biais du racket. L’enjeu est saisi : empêcher cette mouvance sanguinaire de se revigorer et couper ses principales voies de ravitaillement. C’est pourquoi l’armée déploie ses unités spéciales actuellement dans les principaux fiefs du GSPC entre autres Mizrana, Ghzerwal, Zemmouri, Bouzegga et les hauteurs de Lakhdaria. Des colonnes de l’ANP sillonnent constamment ces zones pour sécuriser les villageois et engager au moment opportun d’autres combats contre l’hydre islamiste. L’opération de Sidi Ali Bounab se poursuit, elle, à l’heure où nous mettons sous presse.
Salim Haddou
