Les noires vacances des étudiants étrangers

Les vacances d’été s’annoncent bien longs pour les étudiants étrangers de Béjaïa. La majorité d’entre eux restent dans les cités universitaires pour passer l’été. Ils s’organisent tant bien que mal pour (sur) vivre. « J’aurais bien aimé passer mes vacances en Tanzanie avec ma famille mais malheureusement le billet coûte cher ! » a déclaré Jonathan. Cet étudiant Tanzanien âgé de 24 ans effectue ses études en sciences de gestion et il est en première année. D’après lui, le billet d’avion pour la Tanzanie s’élève jusqu’à 1 200 euros. Un luxe qu’il ne peut pas s’offrir. A part le prix d’avion, le rattrapage représente aussi une raison valable de rester à Bougie. En effet, Hadejia (étudiante malienne, résidante à la cité universitaire « 17 Octobre », a déclare que le rattrapage l’empêche de rentrer chez elle vu la contrainte de réviser pendant les vacances. Les activités pour combler les journées varient selon les étudiants et les communautés. Chez la communauté tchadienne de la Nouvelle-Pépinière, le football fait partie du rituel. « Nous organisons des matchs à partir de 18 h chaque jour et tous nos garçons y participent », a déclaré Nour avec enthousiasme. Contrairement aux garçons, les filles s’ennuient. Hadeija, elle, a des difficultés à s’adapter avec le climat et préfère rester dans sa chambre. « Je m’ennuie trop pendant l’été : il n’y a rien à faire. « Je passe mon temps à réviser et à dormir », a-t-elle affirmé. Face à la fermeture du restaurant universitaire pendant l’été, les étudiants cotisent pour pouvoir subvenir à leurs besoins quotidiens. Les épiciers du quartier de Targa Ouzemour se réjouissent de leur clientèle qui n’arrête pas de se multiplier. Malgré le fait que les uns obtiennent des allocations comme aide financière, d’autres se plaignent de la cherté de la vie vu les dépenses quotidiennes. Oualagen explique et fait part de ses jérémiades en disant : « On n’a ni petit boulot ni travail pour l’été ; il n’est pas toujours facile de survivre dans des situations pareilles : on fait comme on peut ! » Etudiant finaliste malien en Management, il reste encore ici à Bougie à cause aussi du rattrapage. Andronic, étudiant malgache en sociologie, se plaint des dépenses importantes en été. Il est encore en première année et il voit très bien en quoi l’argent à débourser mérite certaine gestion personnelle très pointilleuse. Hormis le sport, les occupations favorites des étudiants se limitent à la lecture; la cuisine, qui devient désormais une activité très appréciée pour passer le temps ; regarder la télévision, les jeux vidéo ; ces derniers sont produits spécialement pour les garçons. En parlant de jeux vidéo, ces derniers jours le délestage se récurait toute la journée à Targa Ouzemour. Hors, sans l’électricité la situation va de mal en pis. Ceci étant, un problème en cours de résolution que les étudiants attendent désormais. En plus de ces problèmes, l’hygiène et le sanitaire ne sont pas irréprochables. Malgré la présence de « quelques personnels » dans les cités universitaires, les nettoyages ont lieu au plus trois fois par semaine pour la nouvelle pépinière en particulier. En voyant les situations d’un autre angle, un étudiant extra des cités universitaires semble apprécier ses vacances à Bougie. Prénommé Garcia, cet étudiant angolais âgé de 22 ans, inscrit en informatique de Gestion, habite dans un appartement privé qu’il loue pour cette année. Pour lui, son cadre de vie lui convient. D’ailleurs, pour s’occuper il profite au maximum des visites dans les sites touristiques de Béjaïa, entre autre Gouraya, les Aiguades, Cap Carbon, sans parler des plages : « S’y amuser avec les amis me fait le plus grand bien. Quoi demander de plus ! » a-t-il acclamé De ce fait, passer l’été à Bougie se trouve plus favorable pour les uns que pour les autres. Ces étudiants étrangers possèdent à eux tous des habitudes communes et différentes tout en dépendant des communautés, vu que l’université de Béjaïa recense actuellement 500 étudiants étrangers, répartis en 31 nationalités (en passant du Mali à Madagascar. Des cultures différentes s’entremêlent en formant une seule et grande communauté des étrangers à Béjaïa.

Nasstassia M.