Les fléaux sociaux sont en train de gagner du terrain de manière insidieuse mais avec une progression inquiétante. Nous ne sommes plus aux temps bénis (sic) où la consommation de cigarettes faisaient pousser aux parents des cris d’orfraie. La drogue a pris le relais. Elle n’est plus une nouveauté : elle se vend, se consomme et plus grave elle se banalise. Il est patent que de plus en plus de jeunes s’essayent par une sorte de redjla négative à goûter à ces produits qui exercent sur eux la fascination de l’interdit. Ils franchissent ainsi le Rubicon et font partie de ceux qui ont osé. De plus en plus de jeunes se laissent ainsi prendre dans les rets de gens sans scrupules, organisés dans une sorte de nébuleuse aux contours incertains, et qui profitent du déficit sécuritaire et d’un certain laxisme. Même la société se laisse facilement prendre à ce jeu malsain, par lassitude ou impuissance, et finit par fermer les yeux. « Il n’y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. » Les tenants de l’orthodoxie moralisatrice, très prompts à se courroucer pour moins que cela, ne semblent pas s’en inquiéter outre mesure. Il se forme ainsi une sorte d’underground où évolue une faune complexe de laisses-pour-compte de la société mais aussi de jeunes en quête de nouvelles sensations et qui se prennent rapidement dans le maelstrom vertigineux de l’accoutumance. C’est le point de départ de comportements sociaux, et de dégénérescence personnelle. La police, seule sur le terrain de la sécurité civile, semble avoir fort à faire pour assurer la sécurité des personnes et des biens dans toute la région. Il y a un déficit sécuritaire patent qui, crée par la force des choses, un certain laxisme à l’égard de maux sociaux combattus jadis dès leur naissance. La genèse est à chercher bien sûr dans le vide culturel chronique et l’absence de loisirs. A Larbaâ Nath Irathen, les jeunes n’ont rien comme distractions ; un seul stade désuet et caillouteux, un cinéma pris en otage dans un conflit qui perdure entre l’APC et le gérant, un centre culturel qui travaille au rythme de la Fonction publique, l’absence de spectacles et d’endroits de convivialité. Aucune assemblée n’a jusqu’ici fixé comme l’une de ses priorités la réalisation de stades en ville et à travers les villages, alors que les logements promotionnels et LSP poussent comme des champignons. On trouve toujours des terrains pour bâtir mais pas pour donner aux jeunes des aires d’expression pour leur énergie vitale. Les jeunes vivent dans une frustration permanente, dans un univers de plus en plus bétonné et loin des attaches rurales stabilisatrices. Ils sont à leur corps défendant, l’objet de forces centrifuges exercés par des groupes d’intérêt économiques ou idéologiques qui se rejoignent sur l’objectif : les éloigner de la réalité présente. Quels bons ingrédients pour une descente aux enfers !
M. Amarouche