7 civils tués et une quinzaine d’autres blessés

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Avant-hier, samedi, vers 21 h 30, dans la pénombre de ladite rade, balayée seulement par le faible éclairage de quelques lampadaires, personne ne se doutait qu’un kamikaze pilotait un véhicule piégé de type Hilux en direction du siège des gardes-côtes jouxtant des bungalows. En l’apercevant et en l’entendant surtout crier “Allah Akbar” un gendarme eut le réflexe de tirer sur le véhicule pour l’immobiliser. Brusquement, une forte explosion se fit entendre. On dénombrait alors sept morts et plus d’une dizaine de blessés. Les victimes sont, pour la plupart des civils. Un jeunes qui tenait là une table de tabac fut tué suite à la déflagration. Deux voitures légères avec à leur bord, pas moins de cinq jeunes, a-t-on indiqué, ont été pulvérisées dans la même circonstance dramatique. Parmi les morts, l’on cite notamment ceux connus à Zémmouri entre autres Rial Wassim ( 21 ans), Himoud surnommé Oulid El Moumen et un coiffeur originaire de Jijel. Les blessés parmi eux, deux gendarmes dont l’auteur de l’action héroïque précitée, ont été évacués vers les structures sanitaires du centre-ville de Boumerdès, Thénia et Ain-Naâdja à Alger. Dans ce paisible village côtier, ce fut une scène de cauchemar. Les gens couraient, couraient, cette nuit-là, dans tous les sens. En quelques instants la nuit s’est mise à palpiter des clignotements de gyrophares et l’endroit ( ciblé) s’est aussitôt rempli de voitures policières. L’intervention de la Protection civile et celles des secours relevant à la direction locale de la santé aurait été retardée au niveau du site voisin de Sghirat, où l’en entendait des rafales d’armes automatiques. Là, un groupe terroriste aurait tenté de retarder l’intervention des secours en question. Deux personnes y ont été blessés légèrement suite aux tirs d’armes automatiques, a-t-on signalé. En se rendant hier matin à Zemmouri El Bahri, le ministre d’état ministre de l’Interieur et des Collectivités locales, a déclaré en substance que “ ce coup-là est une revanche ( en quelques sorte) des groupes terroristes locaux suite aux lourdes pertes qu’ils viennent d’enregistrer à Beni Douala.” Le haut commis de l’Etat rappelle bien sûr cette vaste offensive qui s’est soldée jeudi dernier dans la commune de haute Kabylie précitée par l’élimination de 12 terroristes en plus de la récupération d’un important arsenale de guerre. Il ne manquera pas de signaler que parmi les terroristes abattus, figuraient des émirs de serriates de l’ex-GSPC. Mais le commun des citoyens après chaque tuerie, replonge dans la psychose. A telle enseigne que de nombreux vilageois ceux habitant notamment en zone semi-rurale régulièrement soumis aux exactions de l’islamisme, doutent que “ cette guerre puisse jamais finir.”Encore sous le choc, un jeune prénommé Amine lequel a échappé de justesse au carnage, dans ce petit port de Zemmouri, a noté qu’il faudrait désormais renouer avec les anciens réflexes de vie. Un quinquagénaire dont le fils, âgé à peine de cinq ans, est blessé à la tête par les éclats des explosifs d’avant-hier appréhende justement, selon ses dires, ce retour aux années de feu et de sang. Ayant loué, là, un bungalow fortement endommagé maintenant, suite à la forte explosion, il songe à quitter ce lieu de vacances. L’attaque kamikaze d’avant-hier s’ajoute aux quatre autres attentats similaires enregistrés à l’est d’Alger depuis janvier 2008. Les villes de Naciria, Thénia, Lakhdaria et Tizi-Ouzou portent encore les stigmates des phalanges islamistes.

Salim Haddou

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