Le chef-lieu de la commune de Chaâbet El Ameur, située à une quarantaine de kilomètres au sud-est de Boumerdès, était hier en effervescence. Représentant Haï El Istiklal et d’autres agglomérations rurales avoisinantes-comme Ath Ali, Imouthas ou Beni N’Tas- plus de 500 personnes sont montées, là encore, au créneau pour réclamer une solution définitive au problème de l’eau. Le précieux liquide n’a point coulé des robinets dans la plupart des quartiers de cette municipalité, depuis plus de trois semaines. “Auparavant, l’eau y était rationnée durant quelques heures une fois par semaine. Et l’on s’approvisionnait au niveau de certains quartiers souffrant le moins de cette pénurie. Mais maintenant le manque de ce précieux liquide affecte pratiquement toute la commune,” s’inquiètent les manifestants. L’on est réduit alors à guetter le passage des camions-citernes. Mais “par précaution cette eau payée à prix fort n’est utilisée que pour la lessive”, a-t-on sugnalé. Hier, donc, la population a protesté pour la seconde fois en moins de deux mois. Cette fois-ci, les représentants des manifestants n’ont pu prendre attache qu’avec l’adjoint au maire. En l’absence du président de l’APC, ce dernier les a orientés vers le responsable par intérim de la daïra des Issers. “La première instance officielle de cette circonscription n’ignore pas que Chaâbet a soif à en mourir. Et l’on attend un geste salvateur de sa part”, a témoigné hier un villageois joint par téléphone. Notre interlocuteur ajoutera que l’émeute n’est guère une solution. Mais il s’interroge: “Pourquoi a-t-on négligé notre contrée alors que d’autres municipalités sont alimentés depuis quelques mois à partir du barrage de Taksebt?” Lors d’un sit-in organisé, hier, devant le siège de l’Apc de Chaâbet El Ameur, les protestataires n’avaient pas manqué aussi de mettre en avant d’autres problèmes, entres autres le mauvais état des routes et ruelles des quartiers, en plus de l’assainissement des eaux usées au niveau des anciennes cités.
Salim Haddou
