Il était 10h, lorsque le rassemblement pacifique prévu pour hier, devant la présidence de la République, auquel a appelé le Conseil national des enseignants contractuels affilié au Syndicat national autonome de l’administration publique (Snapap), a dégénéré. Les policiers en tenue et en civil, qui étaient présents en force avant même le rassemblement, se sont acharnés sur les protestataires. Tout a commencé lorsque ces derniers ont scandé » nous demandons le départ de Benbouzid ; y en a mare. » Les policiers, tous corps confondus, préfèrant l’usage de la matraque à celui des négociations, ont violemment bousculé, malmené et insulté les protestataires. Même les journalistes qui ont été priés de quitter les lieux, n’ont pas été épargnés par leurs insultes.
C’est à ce moment-là que les agents des forces de l’ordre ont traîné sur plusieurs mètres les manifestants. Les agents de l’ordre déchaînés ont embarqué de force dix manifestants, dont un gréviste de la faim, le représentant du (Snapap) et une manifestante membre du CLA.
« Dix autres manifestants ont été interpellés juste à la sortie du siège national du Snapap, alors que huit autres dont Meriem Marouf, chargée de communication du CNEC ont été embarqués à Belouizdad, » nous a confirmé le président du Conseil national de la santé publique.
Il a, en outre, indiqué : « Nous avons organisé ce sit-in afin de remettre une lettre ouverte au président de la République, le priant d’intervenir pour sauver les grévistes de la faim qui se meurent à petit feu. » Et d’enchaîner « les 50 grévistes de la faim qui restent, dont 38 femmes et 12 hommes ne vont pas tenir plus de dix jours, car un gréviste de la faim ne peut survivre avec de l’eau sucrée que 45 jours au maximum. » Il dira, à ce sujet, qu’ »aujourd’hui, l’état de santé des grévistes, qui en sont à leur 31 jour de la grève de la faim déclenchée depuis le 14 juillet dernier, marqué par une fatigue physique et morale, est très critique ».
« Ils souffrent d’une chute de tension, une hypoglycémie au dessous de 60g/l, douleur musculaire et une perte sensible du poids, » a-t-il ajouté, tout en signalant « le cas de dépression neurologique d’une enseignante et la tentative de suicide d’un autre enseignant. «
Rappelons que cela fait plus d’une année que les enseignants contractuels dénoncent le refus du ministère de les titulariser, alors qu’ils exercent ce métier depuis plusieurs années: près de 14 ans pour certains.
Lemya Ouchenir