Toutes les fiches de présentations de la wilaya de Bouira et autres documents de planification et de statistiques locales réservent du chapitres afférents aux potentialités touristiques en localisant les sites avec certaines données techniques. Cela se reproduit depuis des années sans qu’un moindre pas n’ait été enregistré vers la concrétisation d’un quelconque projet.
Si les justifications d’ordre sécuritaires sont plus ou moins admissibles pour la période 1994 – 1998, rien n’explique la léthargie ayant frappé ce secteur depuis la dernière décennie. En effet, des potentialités immenses sont restées en friche du Nord au Sud, et d’Est en Ouest, la wilaya de Bouira présente des panoramas, des sites naturels, des sources, des gouffres, des pics qui méritent des infrastructures d’accompagnement pour être valorisés et développés de façons à constituer un segment de l’économie locale. Outre l’ancien site de Tikjda qui a besoin d’un réaménagement pour une réelle réhabilitation dans ses fonctions essentielles, d’autres points de la même chaîne du Djurdjura méritent une attention particulière car de par le monde, les autorités des secteurs touristiques dénichent les lieux et les milieux fréquentés par des visiteurs de manière primitive ou inorganisée pour en faire de véritables panthéons de villégiature et de récréation capables de générer des revenus, des emplois et des impôts. Donc, à côté de Tikjda, des sites sont demeurés en friches à l’exemple du lac Goulmim à cheval entre les wilayas de Tizi-Ouzou et de Bouira et dont la piste d’accès s’apparente à un véritable chemin de croix. Une piste qui exige des aménagements sérieux: élargissement, revêtement et éradications de certains virages dangereux. Surtout lorsqu’on sait qu’il y a de cela quelques années, ce chemin pédestre était fréquenté par des milliers de touristes étrangers qui faisaient la jonction Tala Guilef – Tikjda. Sur le versant est de la montagne, la dépression d’Asswel constitue un lieu de ralliement de centaines d’amoureux de la nature et d’air pur. Mais aucune infrastructure, aussi modeste soit-elle, ne vient ‘’au secours’’ de ces campeurs et spéléologues amateurs qui chercheraient à connaître les abysses et les gouffres parsemant le relief du Djurdjura.
Quelques kilomètres plus loin, à Tizi N’kouillal, commence le sentier qui donne accès au sommet de Lalla Khedidja ( 2307 m) par son versant Nord. Pour les touristes les plus téméraires, là encore aucun moyen de s’approvisionner. Le même problème se pose au niveau de l’accès Sud à partir des hauteurs de Saharidj (Ibelbaren) qui ouvre la voie par sentier pédestre au sommet de Lalla Khedidja. La ressource touristique de la wilaya de Bouira n’est pas appréciée à sa juste valeur. A titre indicatif, la Tunisie pays voisin a réussi le pari de détourner le flux touristique qui allait traditionnellement à la plage à hauteur de 30% en développant le tourisme de montagne, et là encore inutile de souligner que notre Djurdjura n’a rien à envier aux montagnes tunisiennes.
Hafidh B.
