Citoyens et services communaux de nettoiement se rejetaient la responsabilité. Aujourd’hui, les autorités locales veulent en finir avec cette situation. Dans cette optique, la Commission chargée de l’hygiène et de l’environnement a procédé dernièrement au découpage du territoire de la commune en dix secteurs et vingt-trois sous-secteurs dont la collecte est assurée dans cinq zones par des entreprises privées. Pour les autres secteurs, ils restent du ressort des services communaux de nettoiement. Cette manière de procéder a d’ores et déjà donné des résultats sur le terrain du fait que les dépotoirs et autres décharges anarchiques qui pullulaient en tous coins et recoins, notamment sur des terrains nus dans le passé, ont soudainement disparu du paysage. “Pour moi, je crois que le travail qui se fait ces derniers jours renseigne sur la bonne volonté des autorités locales de redonner à la ville de Béjaïa son image d’antan. La nouvelle équipe chargée de ce volet est à féliciter”, estime Sofiane, un habitant de la cité Nacéria.
L’apport du privé n’a rien réglé
“Les moyens dont dispose l’APC, reconnaît Sadek Aïssanou, vice-président à l’APC de Béjaïa, chargé de l’hygiène et de l’environnement, ne suffisent pas pour faire face à la quantité d’ordures déversées journellement par les ménages. Elle ne dispose, a-t-il précisé, que de deux bennes-tasseuses et cinq camions. Pour les besoins du ramassage, il nous faut vingt-cinq bennes-tasseuses. Sans cela, il est plus judicieux de sous-traiter”, a-t-il expliqué en soulignant qu’une commission présidée par un inspecteur de l’environnement et deux élus veillera au suivi des opérations et à l’établissement de rapports quant à l’efficience du travail accompli par les entreprises privées.
Un décret pour sanctionner les contrevenants
Dans ce sillage, notre interlocuteur a néanmoins reconnu que quelques dysfonctionnements ont été constatés les premiers jours, et ce dans plusieurs quartiers dont entre autres Sidi Ahmed, quartier Seghir, Edimco… Cela est dû principalement au non-respect des horaires de passage des camions. “Je ne cesse pas d’interpeller quelques voisins sur la nécessité du respect des horaires de passage des éboueurs, mais en vain. Que dois-je faire à ce propos ; les dénoncer, les laisser faire et me taire… Allah Yehdihoum”, fulmine Madjid, habitant à l’Edimco. “La réussite de cette nouvelle manière de faire, insiste S. Aissanou, est conditionnée par le comportement et le civisme des citoyens. Il faut que les citoyens respectent les horaires de passage des camions de collecte d’ordures”, a-t-il recommandé. Ainsi, il est demandé aux citoyens de déposer leurs déchets entre 19 et 23h pour en finir avec les dépôts anarchiques d’ordures à tout heure, n’importe où et n’importe comment. Dans ce contexte, une brigade composée de deux élus et un inspecteur de l’environnement veille au respect des horaires de dépôt d’ordures en vertu d’un arrêté municipal entré en vigueur depuis trois semaines. “Toute personne réfractaire sera, indique S. Aissanou, sanctionnée.”
Le centre de tri projeté attend l’aval des autorités wilayales
Selon une source de l’APC, environ 123 tonnes d’ordures sont enlevées chaque jour pour être acheminées à la décharge de Boulimat. La même source ajoute qu’en 2002, la quantité de déchets ménagers collectés quotidiennement ne dépassait pas les 80 tonnes. Cette augmentation significative a étonnamment coïncidé avec une baisse sensible d’agents de nettoiement. En effet, présentement le nombre d’agents affectés à la collecte d’ordures est de 138 contre 437 l’année passée. A cela s’ajoute l’insuffisance de décharges. La commune de Béjaïa n’en dispose que d’une seule. Cette dernière n’offre d’ailleurs pas les conditions requises pour le traitement des déchets. “Il y a des émanations de gaz toxiques sur un rayon de quinze kilomètres”, a expliqué S. Aïssanou. Pour remédier à cet état de fait, la commune a opté pour la création d’un centre de tri, de traitement et de recyclage. Le projet est soumis aux services de la wilaya pour étude et approbation. Il est présentement dans sa phase embryonnaire et son implantation interviendra après l’aval des autorités compétentes.
Dalil S.
