Vers la création d’une bibliothèque virtuelle

Dans une société où les lieux de rencontre se réduisent aux salons de thé, la pensée intellectuelle se mêle à celle de la rue pour s’incliner devant des problèmes d’ordre social et se noyer dans une passivité absolue et un recul moral défavorable face au du progrès. Tel est le cas de la majorité des villages algériens, à l’exemple de Takerboust qui en est en fait un. Statistiquement parlant, ce dernier compte un taux d’universitaires qui va au-delà de 1 200 personnes entre diplômés et étudiants, et ce avec une population qui ne dépasse pas 10 000 habitants (d’après le dernier recensement). Mais à défaut de lieux de culture, cette couche se contente de devenir de simples passifs sans rôle social ou activité culturelle ou encore socioculturelle. Parfois, ils préfèrent rester chez eux durant toute la période du congé pour jeter un coup d’œil sur les quelques bouquins qu’ils ont épargnés pendant une année de travail ou d’études. Cette année, disons que la chance leur sourit en culture en s’abonnant aux services d’Internet assurés par Algérie Télécom, pour acquérir un savoir purement ‘‘électronique’. Cela permet de dire que le livre risque de disparaître. Néanmoins, le rôle du savoir ne se permet pas de laisser aller sans réagir. C’est ainsi qu’un groupe de jeunes cultivés prend l’initiative de créer une bibliothèque registre dite virtuelle et de lecture publique ou lecteurs publics. Cette bibliothèque de lecture publique sera réalisée sous forme d’un réseau de nombreuses bibliothèques personnelles dans lesquelles on se retrouve dans une ambiance conviviale et intime pour une bonne discussion sur un bon livre. Dans cette bibliothèque, les livres ne sont pas seuls au premier plan, mais bien plus l’expérience de la lecture. Elle se trouve au domicile de lecteurs et n’est donc accessible que lorsque l’hôte en donne l’accord. Ce groupe englobe des étudiants connus et moins connus qui ont mis à disposition leur bibliothèque pendant une soirée pour une discussion à propos de livres. Selon les souhaits, des instruits et des conteurs pouvaient participer à la soirée. Quelquefois on accueillait aussi des curieux. Alors que les bonnes rencontres sont rares, ce groupe même voulait se réunir dans un cadre légal pour donner naissance à un club de savoir actif agréé et qui s’illustrerait le jour où les objectifs prédéfinis seront respectés.

Brahim B.