La Dépêche de Kabylie

Zlabia et le loto au menu

Dès que l’on parle du mois de ramadhan, on pense automatiquement aux pâtisseries orientales, principalement à la zalabia. Pour cette année, un arrêté est venu réglementer cette activité et une autorisation spéciale est accordée pour ceux qui veulent vendre le produit très prisé durant le mois de carême. Bien que la zalabia soit « synonyme » de ramadhan, elle ne peut se targuer d’être la seule. En effet, depuis quelques temps, une activité nouvelle lui dispute la première place. Il s’agit d’un jeu de hasard, le loto. Presque tous les restaurants et les garages s’équipent en conséquence chaque mois de ramadhan : des tables, chaises et petites pierres faisant office de pions pour ce grand jeu qui attire de plus en plus d’adeptes. Une heure après la rupture du jeûne, toutes les tables de ces salles de jeu sont prises d’assaut par les jeunes et les moins jeunes, lesquels se disputent les cartons de jeu, les quinze numéros qui y sont portés sont scrutés par les joueurs comme s’ils détectaient les numéros gagnants sur la base d’ne imagination qui n’existe que dans leur tête.

Le tireur commence à mélanger ses pions dans un sachet en toile, propre le premier jour du mois de ramadhan mais qui changera de couleur au dernier jour.

Pour commencer à tirer les numéros jusqu’à ce qu’un joueur demande à ce qu’on ralentisse la cadence pour appeler au pion par pion, cela implique qu’il ne reste à ce dernier que trois numéros pour gagner. Dès que les quinze numéros du carton sont cochés, le gagnant arrête la partie pour se faire contrôler son carton gagnant et encaisser la mise qui varie selon le nombre de cartons mis en jeu et leur valeur unitaire. En général, ça va de 200 à 600 dinars la partie. Et à la partie suivante… ça peut aller de 30 à 50 parties. Ce dernier chiffre est atteint le week-end à une heure tardive de la soirée. Une autre frange de la population, non attirée par le loto, s’adonne à des soirées de belote ou de dominos en sirotant un café ou un soda. Ces soirées ne sont pas aussi longues que celles de ceux qui jouent au loto, attirés par les mises financières et les cadeaux qui sont remis en général à la dixième partie, à la vingtième, à la trentième et ainsi de suite. Bien entendu, des soirées musicales et culturelles sont programmées pour les familles qui ne comprennent pas cet engouement pour les jeux durant le mois de ramadhan.

A. Gana

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