Animation ramadhanesque, circulez y a rien à voir !

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Morosité, c’est peut-être le terme le mieux indiqué pour qualifier ces premières journées ramadhanesques à travers les quatre coins de la circonscription de Maâtkas où les citoyens s’ennuient à mourir en raison principalement de cette monotonie qui caractérise cet événement religieux. En effet, après une dure journée de travail, le citoyen rentre chez lui avec ses emplettes (et quelles emplettes ? ) pour tout simplement zapper et tomber ensuite dans les bras de Morphée jusqu’à l’Adhan. Après le f’tour, le Maâtki sort pour prendre une tasse de café “bien serré” comme on aime à le commander ici, et causer avec les amis autour d’une partie de dominos, de belote et autres distractions pour ensuite revenir bredouille chez lui et grignoter jusqu’à une heure avancée et replonger dans les mêmes bras de Morphée jusqu’au lendemain. Bien rares sont ceux qui osent “descendre” vers Tizi Ouzou pour y faire le tour et voir s’il y a de l’animation et de l’ambiance. Et c’est en raison effectivement de l’insécurité qui règne en maître-mot sur le cw 147 que l’on évite de s’y rendre la nuit. En somme, l’animation ramadhanesque se résume ici au shopping, zapping, sieste et cafés maures. C’est dire enfin que pour certains, ce rendez-vous religieux constitue quasiment un non-événement. Il faut dire que jadis, la maison de jeunes, par exemple attirait une foule nombreuse de par l’animation culturelle et artistique qui s’y déroulait et l’ambiance bon enfant qui régnait. Autrefois aussi la défunte salle de cinéma Nedjma affichait, en de pareils évènements, d’excellents longs métrages cinématographiques et d’alléchantes pièces théâtrales jouées alors par les troupes locales. En tout état de cause, ramadhan ou pas, en matière d’animation culturelle, la circonscription de Maâtkas semble tristement ressembler à un carrefour du Néant.

Idir Lounès

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