Le figuier de barbarie, une parade contre la désertification

Sous ses allures de plante prosaïque, plus crainte pour ses redoutables épines que respectée, le figuier de barbarie dissimule des atouts insoupçonnés. Du fait de sa plasticité écologique et de sa rusticité, ce cactacée pousse sur une large aire de répartition géographique, ignorant les contraintes liées à l’altitude et à la latitude. Quoique raffolant les sols sablonneux qui permettent une prise facile de son système radiculaire, le ficus indica (son nom latin) peut s’accommoder de tous les types de substrats, y compris les plus rocailleux. Ses feuilles charnues et gorgées d’eau confèrent à la plante une endurance hors du commun. Le figuier de barbarie peut survivre à des conditions de températures et de sécheresse extrêmes. Sa multiplication par bouturage est d’une étonnante facilité. Un quartier de feuille abandonné par terre au contact d’un zeste d’humidité suffit le plus souvent à donner naissance à une nouvelle plante prête à fructifier à son tour, dès la saison suivante. Planté en rangées formant des haïes, le figuier de barbarie, en même temps qu’il sert à matérialiser les limites des propriétés, fait office d’un coupe-vent efficace. Fixateur des sols en pente sujets aux affaissements et à l’érosion hydrique, la plante peut s’avérer ainsi un excellent bouclier contre la désertification. Face à la fièvre qui s’empare du marché des fruits, le figuier de barbarie constitue un ersatz de choix qui nous offre gracieusement sa chaire succulente, 100% biologique.

N. M.