Des structures de santé sinistrées

Beni Maouche, une petite commune isolée et enclavée, située en zone montagneuse au relief légèrement accidenté – quand il n’est pas abrupt – est distante de la ville de Béjaïa d’environ 120 kilomètres. Au dernier recensement, cette commune abritait une population de 24 000 habitants répartie entre les 28 villages dont la plupart sont nichés sur des collines telles des forteresses sans fortune. Parmi les problèmes égrainés d’un chapelet d’insuffisances infrastructurelles et autres que recèle cette commune figure en premier plan la santé jugée sinistrée aussi bien par l’éxécutif que par les élus de l’opposition qui ont fait part de leurs préoccupations au wali lors de sa dernière visite à cette commune. « C’est un centre de soins que nous possédons au chef-lieu de Beni Maouche au lieu d’une polyclinique. Il fonctionne 8/24 h et nous transportons nos malades dans des voitures banalisées aux hôpitaux de Sidi Aich ou d’Akbou au risque qu’ils rendent l’âme en cours de route alors que l’ambulance est garée au parc. Moi-même j’ai évacué une femme de nuit vers la clinique de Tharga Ouzemour à Béjaïa, distante de 120 km alors qu’il y a une maternité à Beni Maouche dont les prestations laissent à désirer par manque de moyens humains et matériels. Récemment, ce centre de soins a été doté d’un service de radiologie qui n’est toujours pas opérationnel. Plusieurs centres de soin ont été fermés dans les villages pourtant à forte population. La santé est malade à Béni Maouche, c’est pourquoi nous tirons la sonnette d’alarme », déplore un élu de l’opposition irrité par autant d’insuffisances qui frappent un secteur névralgique comme celui de la santé. Le maire lui emboîtant le pas n’a pas mâché ses mots en parlant de la santé la qualifiant en mauvaise santé dans sa commune. « Pendant la période de la colonisation Beni Maouche avait un hôpital. L’ironie du sort fait qu’à l’Indépendance celui-ci n’a plus existé et les centres de soin ouverts il y a plus d’une vingtaine d’années dans les villages quand ils ne sont pas fermés assurent de piètres services à l’image de celui du chef-lieu qui manque de tout », s’époumona le président de l’APC. Le wali de Béjaïa aurait déjà fait un déplacement dans la matinée à la polyclinique où il a constaté de visu les manques criants que cet établissement accuse et saisissant les dénonciations des uns et des autres a promis d’essayer de voir avec le directeur de la santé, qui était absent ce jour-là, afin de trouver les moyens nécessaires afin de remédier à toutes les carences soulevées. Ainsi va la santé sous perfusion à Béni Maouche.

L. Beddar