Cela fait maintenant quatorze siècles sans interruption aucune que le jeûne du mois de Ramadhan est respecté par les musulmans, lesquels pour montrer qu’ils maîtrisent la moindre » retombée négative » de l’abstention sur leur corps ont pu quand même classer ces 30 jours de privations par rapport aux effets qu’ils produisent sur l’attitude des pratiquants.
Ainsi donc, l’état physique et moral de l’être humain est soumis à 3 étapes de 10 jours chacune, marquées notamment par le corps qui s’emploie à s’adapter à un régime alimentaire et à des horaires déterminés, un temps d’accoutumance graduel aux changements, l’ultime étape indiquant que la machine est bien huilée pour le restant de la tâche. Mais c’est juste à l’entame de la première dizaine de jours de carême de cette année qu’une chaleur des plus suffocantes, avoisinant les 40°, a envahi tout le centre du pays, y compris à Lakhdaria, que les résidants à l’image de Hamid ne sont pas prêts d’oublier, » cet air chaud et humide qu’on a supporté 3 après-midi consécutifs était une vraie torture » toutefois note celui-ci » ceci n’a eu lieu que durant les journées, en soirée la météo a évolué vers des temps plus cléments, et on a pu quand même dormir ». Ce vrai calvaire a donc été enduré lors des 8e, 9e, 10e jours du Ramadhan, lorsque le sirocco, et les feux de forêt, se sont conjugués pour, se désole Hamid « créer une vraie fournaise qui ne s’est pas dissipée durant plus de 36 heures ». L’impact des vents brûlants « mesurés » à 40°, rendant l’atmosphère presque identique à une » bouilloire » ou à un réchaud, ne pouvait être mieux illustré selon Hamid » que par ces ruelles désertées par les habitants de Lakhdaria, lesquels ne pouvaient exposer leur corps à 3 séances successives de « sauna ». Pensant que son argumentation n’a pas été convaincante, avec tout le mal qu’il s’était donné pour décrire cette situation dramatique, Hamid en bon orateur » « réoriente » la discussion sur un autre angle : « les prix des fruits et légumes ont commencé à grimper, puis avec l’arrivée inattendue de la canicule, les revendeurs ont été obligés de les baisser de peur de voir les denrées pourrir ». En effet, au moment où les produits agricoles allaient connaître des pics, la température extérieure élevée elle aussi menaçait de dégrader les denrées sensibles exposées sur les étals.
A. Chérif
