Le volley-ball féminin national commence à gagner du terrain et a s’imposer sur l’échiquier africain grâce au travail des techniciens de différentes catégories et à la persévérance des athlètes.
Nous avons eu le plaisir de rencontrer le sélectionneur national des juniors filles, Nabil Tennoune, conseiller en sport, qui a gentiment repondu à nos questions.
La Dépêche De Kabylie : Parlez-nous de votre parcours au sein de l’équipe nationale des juniors filles ?
Nabil Tennoune : Je suis nommé entraîneur de l’équipe nationale des juniors filles depuis 2006, date où j’ai travaillé tout seul jusqu’au dernier stage de Tunisie du 15 au 22 juillet dernier où j’ai choisi un adjoint.
En 2006, j’ai aidé le coach de l’équipe nationale cadettes au championnat d’Afrique à Tizi-Ouzou où on s’est classé 3e et j’ai continué presque avec le même groupe à ce jour.
Comme vous savez, chez les jeunes la compétition est organisée chaque 2 ans, alors on devrait participer au championnat d’Afrique de ce mois de septembre au Kenya, qui est qualificatif au championnat du monde et cette même équipe civile devrait même participer au Championnat arabe scolaire en Jordanie qu’on a raté à la dernière minute.
On n’a pas pris part au championnat d’Afrique juniors pour des raisons financières.
Peut-on connaître le niveau de l’effectif que vous avez entre les mains ?
Les juniors sont des athlètes nés entre 90 et 91, moi j’ai élargi et rajeuni le groupe avec quelques 92 et même une 93.
Quelque part on a cherché le résultat et à être champion d’Afrique mais on fait aussi de la relève, une joueuse qui participe à un championnat d’Afrique juniors sans s’imposer en seniors dans un proche avenir ne nous intéresse pas. On travaille sur un double volet, à savoir préparer le championnat d’Afrique et la relève en même temps
La Fédération algérienne de volley-ball met-elle les moyens qu’il faut ?
On travaille avec les moyens à bord, pour une équipe nationale, ça ne sera jamais suffisant, on demande toujours plus, mais si je me compare aux voisins maghrébins et particulièrement aux Tunisiens où j’ai organisé un stage, c’est très insuffisant.
Quand je parle de moyens, ce n’est pas d’ordre financier seulement mais organisationnel aussi, si la Fédération a les moyens de faire des stages de 10 à 15 jours alors qu’on a besoin de plusieurs stages au cours de l’année et de la continuité aussi. Est ce que notre fédération a les moyens de faire ça ?
Faire un stage le mois de décembre et un autre le mois de mars, vraiment ça ne m’intéresse pas, je préfère faire 8 à 10 stages par an dans un hôtel de 2 à 3 étoiles que de faire 2 stages dans un hôtel 5 étoiles
Etes-vous satisfait du travail qui se fait au niveau des clubs ?
C’est insuffisant, en tant entraîneur de l’EN et technicien, c’est malheureux de le dire, on passe plus notre temps à faire le travail individuel qui devrait se faire au niveau des clubs que le travail de cohésions et d’autres tâches en équipe nationale, on passe notre temps à corriger au lieu de nous occuper d’autre chose, l’image qu’on attend de l’athlète qui arrive à l’EN est insuffisante est c’est malheureux. Heureusement que ce n’est pas tous les clubs à l’image de l’ASWB et du NCB qui font un travail de fond et si on a participé au championnat d’Afrique, notre effectif aurait été composé de 9 à 10 athlètes de Béjaïa.
Le premier critère est d’avoir un groupe compétitif, il y a aussi le gabarit, mais il faut que l’athlète soit compétitif au sein de son club, la plupart des joueuses de l’ASWB, du NCB, de Chlef et du Mouloudia jouent en Nationale 1, on a aussi deux immigrées en France et 1 au Canada qui ont un niveau acceptable, la majorité de nos volleyeuses ont atteint une certaine expérience du niveau de notre compétition.
On a essayé de dégager le meilleur groupe possible et c’est à partir de ces critères qu’on a formé l’EN
Quel est l’objectif de l’équipe nationale juniors filles ?
Notre premier objectif est le titre de champion d’Afrique, on s’est classe 3e au dernier championnat d’Afrique cadettes en Algérie. Ce groupe a pris en maturité et on a axé notre travail sur la finale car on pouvait facilement jouer la médaille d’or. On aurait aimer jouer la Coupe d’Afrique pour participer au championnat du monde au Mexique, mais dommage….
Ce n’est pas normal que les seniors participent aux JO de Pékin alors que nos jeunes ratent les championnats d’Afrique et ça peut créer des décalages car les jeunes qui intégreront les seniors seront inexpérimentées.
Participez-vous à des tournois internationaux ?
Il y a toujours des tournois internationaux et on reçoit des invitations mais c’est difficile avec la scolarité des athlètes. J’ai deux joueuses juniors, Boukhima et Melinda, qui étaient à Pékin avec l’EN seniors, il y a Bensalem, une junior de l’ASWB, qui a raté les Jeux Olympiques à cause de son bac, y a aussi Magnana,une autre junior du NCB qui a jouée le championnat d’Afrique seniors dames au Kenya. C’est un groupe juniors avec 3 à 4 joueuses qui arrivent à s’accrocher en seniors, et dans 2 à 3 ans, on aura 8 à 9 joueuses qui seront en seniors et c’est encourageant pour l’avenir.
Quel est le souhait de Nabil ?
Inchallah que notre équipe juniors atteigne son meilleur niveau, même l’équipe cadette est très bonne. J’espère qu’il y aura une continuité dans le travail afin de laisser un petit quelque chose pour celui qui viendra après nous et lui éviter ainsi de refaire le travail à zéro. Personnellement j’ai gardé 90 % de l’ossature de 2006 en faisant intégrer les meilleures au fur et à mesure, 2 ans après j’ai dégagé le meilleur groupe possible.
On a gagné beaucoup d’expérience, et dans 2 ans, l’ossature de ce groupe sera en équipe nationale seniors.
Entretien réalisé par Zahir Hamour