En effet, il étaient nombreux à répondre à l’appel du CNEC et ont pu se regrouper malgré la forte opposition des policiers, qui étaient en force depuis la matinée pour barricader tous les chemins menant vers la présidence de la république. Comme à chaque fois, la matraque était la seule réponse donnée aux protestataires pour ainsi les empêcher de tenir leur rassemblement. Tout a commencé aux alentours de 13h20, lorsqu’ils ont commencé à scander «M. le président, on demande l’intégration», «abat la répression», «abat l’injustice». «on demande le départ de Benbouzid el-haggar». Ces derniers ont été bousculés, insultés et malmenés par les services de l’ordre sous prétexte que les rassemblements sont strictement interdits. Ils ont traîné sur plusieurs mètres vers la rue Ali Haddad d’El Mouradia et loin de la présidence de la république, la cinquantaine de protestataires. Trois manifestants ont été embarqués de force par les policiers tous corps confondus, en tenue et en civil, en enchaînant des menottes à deux d’entre eux, comme s’ils étaient des criminels. Même les citoyens n’ont pas été épargnés par les agissements des forces de l’ordre, dont une citoyenne a été malmenée et en leur a réquisitionné son téléphone portable. Les contestataires voulaient à travers cet énième mouvement de protestation demander l’intégration des 45 000 enseignants contractuels exerçant à travers tout le territoire national. «Malgré les dépenses du mois de Ramadhan et l’approche de la fête de l’Aïd, 70% des enseignants contractuels n’ont pas perçues leur salaire», dira un membre du CNEC, avant d’ajouter que les enseignants de la wilaya de Tizi-Ouzou n’ont pas été payés depuis quatre ans, et ceux de Béjaïa n’ont pas touché leur salaire depuis trois ans».
Par ailleurs, un protestataire a signalé aux journalistes qui étaient sur les lieux que : “nous ne demandons que l’application de la loi ; est-ce que c’est trop demandé?»
Sur un ton hâbleur, un autre enseignant a estimé que «la hausse des salaires des députés doit être soumise à l’examen, comme ce fut le cas pour les enseignants contractuels». Et d’ajouter que «les enseignants occupent les cimetières, les députés les palais.»
Lemya Ouchenir
