Quel est le bilan de la participation algérienne en général et de l’athlétisme en particulier aux J. O. de Pékin ?
Je crois que le bilan de notre participation est moyen à part le judo qui s’est illustré grâce à une très bonne préparation. Pour l’athlétisme, c’est une autre paire de manche, déjà qu’on manque de moyens de préparation pour atteindre le niveau mondial, ajouter à cela la durée de préparation. Les Jeux olympiques se préparent 2 ou 3 ans avant si ce n’est à la fin des précédents comme font beaucoup de pays. C’est impossible de préparer un athlète au niveau mondial au cours d’une saison, et la solution est de créer une école ou un centre de formation comme l’a proposé le président du CAO, M. Berraf. Les préparations de dernière minute sont révolues et n’encouragent plus les athlètes.
Avez-vous une bourse de préparation ?
Jusqu’à présent je ne possède pas de bourse, à chaque stage on sollicite la fédération pour la prise en charge. J’espère que ça va changer plus tard.
Revenant au feuilleton de Pékin… Pouvez-vous éclaircir l’opinion sportive ?
J’étais très concentré sur les J. O. de Pékin au point oû c’est devenu mon objectif principal.
J’étais sûr d’atteindre la finale et d’être parmi les cinq premiers car en finale tout a été possible, mais à la dernière minute, tout est chamboulé. J’avais un plan d’action pour le 5000 m et comme je courrais une blessure, j’ai participé au 10 000 m pour me préparer sans plus et c’est là que je n’arrive pas à comprendre : si j’ai pris part pour une raison ou une autre à un marathon donc ils vont m’engager au marathon, soyons logique ! J’ai les minimas A et vu mon âge, normalement c’est moi qui prendrait part au 5000 m, je ne vois pas pour quelle raison on m’écarterait. J’étais sûr à 100% d’atteindre la finale et pourquoi pas décrocher une médaille car j’étais en superforme.
Avez-vous discuté avec les responsables de la délégation algérienne sur place ?
J’en ai parlé sur place sur ce sujet à M. Berraf, président du C. O. A. Il m’a répondu que ce n’est pas lui qui engage mais c’est à la fédération de le faire. « Si c’était de mes prérogatives, tu seras engagé sur les 5 000 m, » a-t-il dit
Quelle est la position du DTN sur ce cas ?
J’ai une promesse du DTN ici en Algérie que je vais courir sur le 5000 m. Je ai lui dit que je ne vais pas aller à Pékin pour le 10 000 m et non plus pour passer des vacances en Chine. J’ai un objectif bien défini et j’étais prêt même à lui remettre le billet d’avion et l’équipement. il m’a dit que j’allais courir en 5000 m et à la dernière minute il n’est pas venu en Chine.
Est-il vrai que le chef d’équipe à Pékin vous a proposé de courir le 10 000 m et d’abandonner au cours de route ?
Exactement, il m’a dit de faire le départ sur 10 000 m et d’arrêter à mi-chemin en simulant une blessure, je lui ai repondu que je ne suis pas venu pour faire un lièvre et à part mon objectif, qui est le 5000 m, je n’ai pas envie de courir contre mon gré, il a essayé de me convaincre mais je pouvais rien faire. Moralement, je ne peux faire aucun effort sur la piste en dehors de mon objectif.
Quelle est la réaction de la fédération après cette affaire ?
Pour l’instant, rien. Les membres de la fédération vont se réunir et dés que les conditions seront réunies, ils vont nous appeler pour éclaircir les choses.
Après cette malheureuse affaire… quel est le programme de Khoudir Aggoune pour cette saison…
Pour l’instant, je suis au repos total et c’est très difficile de revenir à l’état initial ; déjà, le fait de discuter sur le sport me dérange, je me sens comme un étranger au domaine du sport.
Je suis de retour d’Italie où J’ai couru dans un meeting, mais j’ai le moral à zéro. J’ai décroché la 5e place au 3000 m, et la 5e au 5000 m. Franchement, je ne peux pas courir dans l’état actuel et je n’ai pas le cœur pour le faire
Je vous laisse le soin de conclure….
J’espère que la fédération résoudra tous ses problèmes le plus vite possible et qu’on nous fasse un centre de formation pour que l’athlète s’améliore, l’athlétisme algérien recule sans que personne ne tire la sonnette d’alarme. Avec la méthode actuelle, on n’a pas d’armes pour conquérir le haut niveau et pour preuve, on a pas d’athlètes en 1 500 m, 3 000 m et 5 000 m, donc, il nous faut un centre de formation, c’est révolu le recrutement au sein des quartiers, il faut préparer l’athlète dans sa catégorie cadet ou juniors, et en seniors. On hissera les couleurs nationales plus haut et j’ai espoir…
Propos recueilli par Zahir Hamour
