Si la formation est acquise, si l’emploi leur a ouvert les bras, si les ressources ne manquant pas… demeure l’éternelle question du domicile, question à laquelle peu ont trouvé une réponse, leurs moyens financiers en leur permettant ni d’acquérir, ni de louer, ni encore de construire pour y aménager. La jeunesse n’a de terme que par la fondation d’une famille et cela peut durer longtemps, les conditions d’hébergement demeurant ce qu’elles sont.
Pour ceux qui disposent d’un terrain à bâtir, sous réserve que la propriété leur soit acquise, la possibilité offerte de « l’autoconstruction » est une chance que beaucoup ont saisi en déposant leur dossier. Le « feu vert » obtenu, c’est le grand démarrage, sur les chapeaux des roues, comme si ces jeunes – qui accusent un si grand retard – ont l’intention de le rattraper en un temps record. Dans la hâte, presque la précipitation, le travail est entamé. Le terrain est défriché, les fouilles sont creusées, les piliers germent, les murs s’élèvent et les dalles s’installent. Nul besoin de crépissage ou de peinture. Nul besoin que la faïence soit installée. Le carrelage ? On verra après.
Les portes et les fenêtres ? On se contente des montants et des battants, pourvu que l’on se retrouve enfin « chez soi », dans un domicile « à soi », et « à soi », personnellement.
Et le « chez soi » se transformera, en deux temps trois mouvements, en un lieu où tout se fera, dans la bonne entente, dans la joie, le rire, les « youyou » stridents des proches venus à la rescousse. L’on ne s’interrogera pas si le propriétaire a « pendu la crémaillère ».
On se prépare fébrilement à tout mettre en œuvre pour la finalisation de l’aspiration de la jeunesse : fonder un foyer.
Et la nouvelle venue pendra elle-même sa crémaillère !
Cela est la situation qui s’est créée dans la daïra de Mekla suite à l’opération « autoconstruction » qui a vu près de 80% des bénéficiaires convoler en justes noces et accueillir leur « bien-aimée » dans une maison… en chantier faisant de ces heureux « domiciliés » des résidents enfin permanents.
Domiciliation et mariage
A travers les trois communes de la daïra de Mekla, les jeunes qui ont bénéficié de l’aide à l’autoconstruction ne se sont pas contentés d’en demeurer là.
La plupart (plus de la moitié) ont pris la décision de « pendre la crémaillère » dans leur nouvelle maison en compagnie de la « nouvelle mariée » qui vient y prendre place au milieu des résidus de la construction, parpaings, briques, et morceaux de bois. Même les sacs de ciment non encore entamés peuvent servir de siège aux invités de la noce ! Les madriers encore pleins de béton, mal nettoyés et mal recouverts, serviront pour tout le monde dans la joie et la liesse, dans la satisfaction familiale de voir le « rejeton » enfin « ranger des voitures et enraciné chez lui ». C’est dire que le problème de « domiciliation » des jeunes est un handicap surmontable lorsque un peu moyens sont disponibles.
S. M.
