Des conditions sociales défavorables pour bon nombre de cas aux facteurs psychologiques des enfants, en passant par diverses autres raisons. Les élèves qui quittent précocement l’école se comptent par dizaines tous cycles confondus. “ On voit des enfants de tous âges dans les rues en train de déambuler ; je ne sais pas comment on a réussi une si incroyable fatalité ?”, dira un père de famille de chef-lieu communal de Souk El Tenine. Une bonne partie d’entre eux se trouve tentés par les multiples fléaux sociaux qui guettent, telles la délinquance, l’immigration clandestine ou tout simplement l’oisiveté car, faut-il le rappeler, ce n’est pas la totalité de ces adolescents qui sont réinsérés dans le circuit de l’enseignement et de la formation professionnelle, d’autant plus que les établissements d’apprentissage n’existent pratiquement pas dans la circonscription, excepté une annexe érigée en un centre, située au chef-lieu de daïra. Cette dernière ne dispose d’ailleurs pas d’assez de branches de l’enseignement et de filières pour attirer la composante juvénile en quête d’une formation ou d’un apprentissage. C’est dire enfin que pour l’heure, rien n’a été vraiment effectué pour juguler, un tant soit peu, toute cette déperdition scolaire dans cette contrée où l’analphabétisme demeure également une fatalité. Il est utile de préciser également que beaucoup de mineurs sont tentés précocement par la vie active, au grand bonheur des employeurs sans scrupules qui profitent de cette main d’œuvre non onéreuse et “naïve”. Lutter contre ce fléau devrait être non seulement le rôle des parents mais aussi celui des pouvoirs publics, des médias et du mouvement associatif ils doivent tous s’impliquer pour éradiquer ce vilain phénomène de société, qui ne fait qu’alimenter une délinquance sans cesse grandissante.
Poids excessif du cartable
Décidément, l’école algérienne ne cesse de faire des remous auprès des parents d’élèves qui s’insurgent particulièrement contre les conditions lamentables dans lesquelles évoluent leurs chérubins. En plus donc de toute les misères qu’endurent ces derniers (éloignement des écoles, surcharges des classes, absence de cantine dans certains établissements), les élèves, particulièrement ceux du premier palier, sont contraints de supporter des cartables pleins à craquer, à telle enseigne que même un adulte peinerait à les soulever, vu leurs poids exagérément lourds. L’année précédente, une pétition a été précisément signée par de nombreux parents d’élèves de Maâtkas pour dénoncer cet état de fait. Une pétition initiée par deux fonctionnaires de l’APC et qui avait été adressée à l’inspecteur de l’Education de la circonscription. “Nous parents d’élèves, venons par la présente attirer votre attention sur le poids excessif des cartables que portent nos enfants pour se rendre à l’école,” pouvions-nous lire sur cette déclaration qui reste toujours d’actualité. Cette situation serait due, selon les parents d’élèves, à l’absence des emplois de temps et c’est ce qui oblige les élèves en conséquence à prendre toutes leurs affaires. “Ceci pourrait nuire à la longue à leur santé surtout qu’ils parcourent de longues distances pour rejoindre les bancs des classes,” est-il mentionné dans la requête.
Un parent d’élève, initiateur de cette action de protestation rejette le fait qu’aucune suite n’a été réservée à leurs doléances une année après et nous fera remarquer d’ailleurs : “En France, par exemple, la législation scolaire limite le poids du cartable pour les élèves du primaire qui ne doit pas excéder 1/10 du poids de l’élève. Une pesée est d’ailleurs organisée inopinément par les inspecteurs de l’éducation française. Pourquoi ne pas en faire autant chez nous?” En tout état de cause, l’inspecteur et les directeurs d’écoles sont vivement interpellés pour mettre fin à cette pratique ridicule et insensée.
Car à voir un enfant de 6 ou 7 ans s’échiner sous le poids de son cartable et subir cette torture quelquefois sur des kilomètres, il finira incontestablement par haïr tout ce qui a trait à l’école ! A bon entendeur…
Idir Lounès
