L’activité de transport de marchandise, après la longue somnolence enregistrée de 90 à 99, une période marquée par un affaiblissement de l’économie nationale suite à la baisse vertigineuse du baril de pétrole, a connu un regain de dynamisme avec l’embellie financière ayant insufflé un élan nouveaux au secteur du bâtiment car le transport de marchandises, active à 90% en zones urbaines pour la simple raison que c’est là où ont été retenus presque l’ensemble des projets de construction de logements, est d’ailleurs tributaire, que d’autres branches d’activités de la bonne santé du bâtiment. Des statistiques portant sur les capacités d’absorption de main-d’œuvre par les différents secteurs économiques indiquent que des dizaines de milliers d’empois sont concentrés sur la prestation de services de transporteur de marchandises.
Hélas, cette relance du secteur, ne s’est pas faite sans retombées négatives sur le créneau, car se rappelle Si Tahar, un sexagénaire ayant plus de trente ans de métier « avant nous n’étions que quelques-uns à louer nos services aux clients et l’on arrivait « couci-couça » à gagner notre journée ».
Puis, selon lui, « le climat de discipline instauré est partie en fumée avec l’entrée en scène des nouveaux arrivés, lesquels ne respectent ni les tarifs des courses ni même l’organisation de chargement au tour partout retenue précédemment ». Bien entendu ce à quoi fait allusion si Tahar et ce qui le « chiffonne », lui à qui on a inculqué à jamais le sens de la solidarité « ce n’est pas le fait que la prestation soit élargie à d’autres mais le manque de mesures administratives réglementant cette activité ». Ceci signifie en clair qu’avec les nouveaux dispositifs mis en place par l’Etat, notamment l’Ansej, la Cnac et le FNRDA, en vue de désengorger le fort taux de chômage sévissant en milieu des tranches d’âges des 25 à 35 ans et des 35 à 50 ans, un matériel foulant fou a été mis à la disposition de ces derniers. De la sorte, les effectifs se sont gonflés tellement en ascendant que les concernés se marchaient sur les pieds pour décrocher une course, et qu’il a fallu signale Si Tahar « créer un autre lieu de stationnement à ces véhicules utilitaires pour les contenir tous ».
Mais cela ne règle pas pour autant la situation car il reste à ordonner les tarifs des courses pratiquées au niveau des places Rezkallah de Kouchiche et celle proche de l’hôpital où « s’infiltrent à plein temps des tracteurs à bennes destinés aux travaux agricoles mais constamment utilisés à cette fin », confie Si Tahar. Bien évidemment, celui-ci ne leur reproche pas le fait de venir gagner leur croûte à Rezki Allahou, à « Blass Sbitar », mais, termine-t-il, « n’étant pas imposé de taxes, ceux-ci n’alignent pas leurs tarifs sur les nôtres, et ainsi ils raflent tous les clients par leurs prix bas ».
A. Cherif