La Dépêche de Kabylie

Les diplômés de l’ENS précarisés

Les diplômés de l’école normale supérieure de la wilaya de Béjaïa vivent une situation particulière. Issus de l’école de l’élite en matière d’éducation et d’enseignement, et muni d’un contrat de sept, neuf et onze ans, signé avec le ministère de l’Education nationale, et dont la liste est transmise directement à la direction concernée pour affectation en tant que stagiaire, en attendant la titularisation qui intervient de suite, les diplômes résidents à Béjaïa se voient affectés en tant que remplaçants vacataires pour une durée de trois mois, corvéables et éjectables à merci. Pourtant, sur l’étendue du territoire national leurs collègues de promotion jouissent de leurs droits intégralement, sauf à Béjaïa où l’on décide qu’ils n’ont pas droit de cité parce que la Direction argue l’absence de postes budgétaires. A la Direction de la Fonction publique, ils n’attendent que le transfert de leurs dossiers pour être traités en tant que tels. Alors, le ministre est-il assez fou pour transmettre la liste des enseignants ainsi que les budgets pour toutes les wilaya du pays et oublier Béjaïa, ou alors la Direction de Béjaïa jouit-elle d’un statut d’autonomie, en passe droit s’entend, en matière de recrutement ?

Pourtant, la même Direction organise des concours de recrutement ouvert. Il faudra dire qu’en la matière les fonctionnaires préfèrent ces derniers parce que d’après les chuchotement cueillis çà et là les concours organisés relèvent plus de l’enchère sans commissaire priseur que d’une confrontation loyale des connaissances. Plus encore, la wilaya n’est pas en manque de précarité pour en rajouter à la liste ceux dont la formation autorise l’accès direct à l’emploi permanent. Selon un fonctionnaire, cette situation est transitoire, chose qui ne tient pas la route du fait que des diplômés exercent depuis plus de deux ans en tant que contractuels.

Alors, les budgets alloués par le ministère pour cette catégorie sociale, si tel est le cas, sont-ils détournés de leur destination ou carrément renvoyés au ministère ? A la DE les portes du silence sont closes sur le sujet. Souhaitons que la maison ne le soit pas parce que de cyniques fonctionnaires jonglent avec les décrets du ministre et le documents officiels de l’état, et font table rase des sacrifices de ces jeunes, de leur espoir d’accès à l’emploi fixe et au vu des moyens consacrés à leur formation pour reprendre l’école sur des bases scientifiques demain, sans se soucier des conséquences en terme de rapport administration-administrés, crée une situation nouvelle dans la structure même du pouvoir et constitue une atteinte à l’autorité de l’Etat.

Cela montre si cette situation perdure, le degré de pourrissement des structures de l’Etat et son inaptitude a faire respecter et appliquer par ses propres fonctionnaires les textes qu’il édite. En attendant qu’une lueur pointe pour arrêter cette descente aux enfers, les diplômés de l’ENS se sont adressés au P/APW de Béjaïa, lequel s’est engagé à transmettre au wali, tout en espérant une intervention rapide de ce dernier pour remettre de l’ordre.

B. B.

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