Une école primaire de…trente-trois élèves

Les écoles primaires ferment les unes après les autres. Les facteurs sont nombreux : exode vers les villes ou encore baisse sensible du taux de natalité ces dernières années. Pour la seule wilaya de Tizi Ouzou, le nombre d’écoles primaires fermées a atteint en début d’année scolaire quarante neuf alors que certaines ne sont ouvertes que pour quelques élèves. A Tizi Ghennif, nous avons relevé la fermeture de l’école de Varar depuis maintenant deux ans. Draâ El Mizan, dont le nombre d’écoles dépasse la vingtaine, ne déroge pas à cette règle. Quelques unes sont appelées à mettre la clef sous le paillasson.

L’exemple nous vient de l’école primaire d’Azrou N’tmarth à quelque cinq kilomètres du chef-lieu de commune. Selon une source proche de cet établissement, cette école ne fonctionne qu’avec trente-trois élèves, c’est-à-dire seulement deux divisions pédagogiques.

Quant au personnel, il se compose d’un directeur déchargé, de deux enseignants arabisants et un autre de langue française.

De quoi sera fait l’avenir de cette école qui a subi même une opération de réfection durant les vacances scolaires ? A combien revient en terme d’investissement un élève issu de cette bourgade ? La plus grande école de la ville de Draâ El Mizan, à savoir « l’école des frères Khélifi » appelée surtout l’Ecole des Pins est réduite elle aussi au strict minimum en matière d’élèves scolarisés.

Le surnombre d’enseignants est si important que les postes vacants existants ne les satisfont plus. La pression s’exerce au niveau du moyen avec l’arrivée des deux cohortes de 5eAP et de la 6eAP, à telle enseigne que les divisions pédagogiques on atteint dans certains CEM de la région plus de quarante élèves, alors que des professeurs redevables de vingt-deux heures exercent vingt-sept heures par semaine dans certains établissements. A quand le statut de l’enseignant qui doit déterminer avec précision la fonction de l’éducateur ? Il faut le dire, rien n’est clair quand les textes qui régissent cette fonction sont en désuétude.

A. Mohamed