Tizi Adjissa ou la malvie au quotidien

Partager

Situé à environ 3 km du chef-lieu de la commune de Smaoun, daïra d’Amizour et dominant toute la vallée de la Soummam par son altitude, le village de Tizi Adjissa, communément appelé “Idjissen”, est des plus déshérités et ses habitants n’ont pas encore goûté aux bienfaits de l’Indépendance. En effet, il suffit de s’y rendrepour le constater : déjà, le mauvais état de la route donnera un avant goût de ce qui vous attend. Il faut avoir un estomac bien accroché pour supporter les secousses tout le long du trajet.

Arrivé sur les lieux, la première vision qui s’offre à l’œil c’est le nombre de jeunes et moins jeunes adossés aux murs par manque de travail. Les problème du manque d’eau se pose cruellement, puisque ceux qui en souffrent en premier lieu c’est bien sûr les enfants de tous âges et des deux sexes qui sillonnent à longueur de journée les ruelles avec des bidons à la main, alors que les “plus nantis” vont chercher le précieux et indispensable liquide vital à dos-d’âne. Une école, un centre de soin des plus exiguës ainsi qu’un CEM construit récemment sont les seules réalisations de l’Etat depuis l’Indépendance. Le manque de moyens de transport n’incite aucunement des enseignants à y exercer dans ce village. Durant l’hiver, c’est l’enfer, dès les premiers flocons de neige ; c’est l’isolement le plus total et le manque de butane se pose “crûment”, seuls ceux possédant un véhicule peuvent se rendre dans d’autres agglomérations tel que Smaoun, El Kseur ou Amizour pour s’approvisionner en gaz butane. Alors que le reste se contentera de feu de bois, et ce en cas d’accalmies et d’éclaircie seulement. Durant l’Aïd les enfants de ce village n’ont pas joué et n’ont pas mis de vêtements neufs à l’instar de ceux d’autres villes et villages puisqu’aucun répit n’existe pour eux et ils ont été soumis comme toujours et malgré eux à l’éternelle corvée d’eau. Les propriétaires de puits et forage sont quotidiennement pris d’assaut, la fontaine située au fin fond à environ 200 mètres en contrebas du village présente une eau est douteuse puisqu’elle est située en “dessous” de quelques habitations non raccordées au réseau d’assainissement et d’un cimetière “en service”. Aussi, les autorités locales doivent s’inquiéter en tant qu’élus au service du citoyen et sont appelées à essayer d’améliorer un tant soit peu le cadre de vie et d’atténuer les souffrances des habitants de ce village.

B. R.

Partager