Le projet d’un chenal de près de 4 kilomètres de longueur sur 170 mètres de largeur que prévoit de réaliser la Direction de l’hydraulique dans la commune de Tala Hamza pour protéger la ville de Béjaïa d’éventuelles crues de l’oued Soummam a fait réagir un groupe d’habitants de Tala Hamza lequel a déposé une pétition chez le wali pour exiger son annulation.
Les contestataires parlent de 75 hectares de terres utiles qui seront englouties faisant ainsi de cette commune, estiment-ils, une zone dépourvue d’assiettes pour d’autres projets d’utilité publique. Ils sont catégoriques quant à la nuisance de ce projet sur l’environnement lequel deviendra, d’après eux, un égout géant à ciel ouvert du moment qu’en amont, rien n’a été fait pour préserver cet oued.
Contacté par nos soins, le président d’APC de Tala Hamza nous dira que ce projet qui date de longtemps, repris ces derniers temps et dont l’étude a été confiée à un bureau d’études français, sera bénéfique pour la région mais peut toutefois être réétudié pour minimiser les dégâts.
En effet, selon le premier magistrat de ladite commune, plusieurs terrains et habitations seront touchés et il est nécessaire d’associer l’APC et ses services pour essayer de revoir par exemple l’itinéraire et indemniser à leur juste valeur les propriétaires des terrains et maisons qu’on ne peut éviter. Le but de la réalisation de ce chenal est d’affaiblir le cours de l’oued Soummam au moment des grandes crues hivenales et éviter les inondations à Aboudaou, Sidi-Ali- Lebher, etc.
Malgré cette urgence, les signataires du rapport rappellent qu’une véritable étude d’impact doit être établie par des spécialistes en collaboration avec la population concernée directement et ajoutent que des négligences antérieures avaient causé des dégâts considérables à chaque crue, notamment en 2002/03 lorsque des inondations avaient ravagé les terres agricoles et anéanti l’apiculture. En effet, en réalisant le barrage de Tichy Haf, les services en charge du projet avaient réalisé un batardeau à Bouhamza qui avait cédé lors des pluies torrentielles de décembre 2002 et l’eau avait déferlé jusqu’à l’aéroport atteignant une hauteur de plus d’un mètre et obligeant les pompiers à intervenir en zodiaques à Irahen par exemple, quartier totalement submergé par les eaux. A l’époque on avait estimé les dégâts à plus de 100 milliards de centimes pour toute la vallée de la Soummam.
Convaincus que la réalisation d’un chenal de 4 kilomètres ne peut résoudre à lui seul tous les problèmes, les contestataires demandent aux autorités concernées de réétudier ce projet dans sa globalité et de faire participer la société civile à la faisabilité d’un projet réaliste et réalisable dans l’intérêt de tous.
A. Gana
