La région de Frikat connaît, ces dernières années, un grand essor, en matière de fabrication du couscous roulé à la main. D’ailleurs, l’organisation de la première Foire du couscous organisée par la maison Lahlou illustre bel et bien cette expansion. En effet, aujourd’hui, on recense plus de trois petites entreprises qui ont lancé cette activité. Cette dernière permet non seulement de préserver ce produit porteur de marques culturelles ancestrales, mais aussi procure du travail pour de nombreuses femmes au foyer. Si chacune d’elles donne l’occasion à une vingtaine de femmes de rouler le couscous chez elles, pas moins de soixante femmes arrivent tout de même à gagner de quoi faire vivre leurs familles. “Ce n’est pas vraiment des entreprises de grande envergure. Mais, il faut dire qu’on participe tout de même à aider ces femmes… à aider leurs conjoints dans un milieu où quand même le taux de chômage est grand”, nous a confié un fabricant de couscous. A Frikat, même les jeunes étudiantes sont employées durant les vacances scolaires. Elles gagnent de quoi faire leur rentrée universitaire ainsi que leurs dépenses durant l’année. “Elles sont payées par sac de semoule roulé en couscous. On fait même la sélection de ces femmes. On cherche chez elles des qualités tel le sérieux et l’application des règles d’hygiène. Car, il faudrait tout de même faire attention à la qualité du couscous. L’essentiel pour moi est de satisfaire ma clientèle”, a ajouté notre source.
Effectivement, ce qu’a gagné la maison Lahlou est édifiant quand on sait que ses produits sont même exportés à l’étranger et ont remporté un titre au niveau méditerranéen dans un salon international.
Cela étant, il est temps peut-êtrepour les pouvoirs publics de prendre en charge, comme il se doit, cette activité en multipliant le nombre d’entreprises et en recourant au financement de celles qui veulent se lancer dans ce domaine à l’image des sœurs Ahcène de Tizi Ghennif qui ont bravé toutes les entraves en créant leur propre entreprise rivalisant ainsi avec des industriels mieux nantis et mieux armés financièrement qu’elles. “Ce n’est pas facile de réussir aujourd’hui devant tant de concurrents, mais avec du sérieux et de la bonne qualité, on y arrive toujours”, tel est l’avis d’un autre fabricant qui a lancé d’autres pâtes alimentaires tel Frik, Berkoukech et couscous d’orge. En définitive, la création de ces unités ne sont pas seulement bénéfiques pour leurs créateurs, mais jouent aussi un rôle dans le développement de la région (notamment culturel).
La région de Frikat est justement connue grâce au couscous tout comme Maâtkas pour sa poterie, Ath Hicham pour leurs tapis et Ath Yenni pour leurs bijoux.
Amar Ouramdane
