« L’infrastructure culturelle manque à Tizi ! »

La Dépêche de Kabylie : Quel bilan tirez-vous de la saison estivale qui s’est achevée il y a déjà presque un mois ?

Slimane Belharath : Je peux dire que nous n’avons guère chomé (rire). Après donc le mois de ramadhan durant lequel j’ai moi-même animé des spectacles, Aït Menguellet et Yahiaten entre autres, nous préparons la rentrée.

Justement, quelles seront pour vous, les nouveautés de la rentrée ?

Je prépare la reprise avec la radio Chaîne deux, normalement je dois reprendre mon émission Illa Waya. A l’occasion de la nouvelle grille j’espère retrouver bientôt les auditeurs, d’autant plus que je leur en est fait la promesse. Comme je dois reprendre également l’émission Parole aux artiste qu’on organise à la Maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou. J’espère que cette année, nous allons innover en archivant toutes les productions parce que, jusqu’à aujourd’hui, la majorité des rencontres avec nos artistes n’a pas été enregistrée. Eventuellement nous organiserons ces rencontres deux fois par mois.

La production sera toujours assurée par M. Belharath ?

Je serai toujours à l’animation, la production sera sous l’égide de la Maison de la culture de Tizi Ouzou. Et j’espère que cette année aussi, nous aurons des têtes d’affiche et des artistes de renom. L’année passée nous avons terminé avec Bouakaz et Razika Farhane, que nous avons filmée et qui passera, je l’espère, sur les chaînes de télévision.

Quel bilan faites-vous de ces rencontres ?

C’était un rendez-vous fertile, c’est une occasion pour les fans, les artistes de se rencontrer en face-à-face. Elles ont contribué surtout à instaurer des débats de grandes envergures.

Il parait que vous êtes, en plus de Parole aux artistes, sur un projet pour l’enregistrement de vos poèmes…

Effectivement ! ça fait deux ans de mon premier enregistrement Wehem Ayema qui a d’ailleurs bien marché. Pour l’année prochaine, janvier ou février, je compte lancer un nouveau produit Poésie non stop… Pour cette fois, je vais axer sur la poésie satirique, il y aura surtout des sujets sur l’enseignement et l’éducation aux côtés de ceux que le public apprécie chez moi…

Il y a aussi, un ouvrage que vous deviez éditer… Comment vous est venu l’idée ?

Oui, il est en correction, la 3e, c’est un ouvrage intitulé Des mots pour des maux qui traitera de quelques phénomènes de société. Vous savez, j’ai toujours été impressionné par les billets de Abdiche, c’est à partir de là qu’est venue l’idée d’écrire un ouvrage sous forme de petits billets, sa sortie est prévue d’ici janvier 2009.

En plus de l’écriture, Slimane, s’investit pleinement dans l’audio-visuel, parlez-nous de ce domaine, votre expérience et vos projets…

J’ai déjà collaboré avec pas mal de chaînes de télévision étrangères et la BRTV. Récemment depuis deux ans, je collabore avec la Beur TV. Je trouve que c’est vraiment un champ à exploiter d’autant plus qu’ici il est pour nous interminable. C’est une opportunité pour nous de faire valoir notre culture. J’ai collaboré aussi avec des boîtes de communication. Amrouchi Mehmel aussi avec qui j’ai réalisé mon 1er documentaire ouvert présenté l’année passée au Festival du cinéma amazigh. Les éboueurs, qui raconte l’histoire de deux éboueurs à la recherche de leur dignité. Je compte avec Youcef Goulem réaliser une émission mensuelle pour la Beur TV si bien sûr les conditions seront réunies, sponsors et autres.

Avez-vous l’intention de participer au Festival du film amazigh qui se déroulera cette année à Sidi Bel Abbès?

Je suis actuellement sur un reportage de 26 minutes qui sera présenté à Sidi Bel Abbès sur un nouveau sujet. Je laisse le soin au public de le découvrir prochainement.

Quel est le regard que porte le poète que vous êtes, sur l’animation culturelle en particulier ici à Tizi Ouzou ?

Que te dire ?, à Tizi Ouzou, je crois que les choses évoluent normalement comparativement à d’autres wilayas du pays qui ont pourtant de grands édifices publics qui nous manquent terriblement, même si des potentialités existentent à Tizi, la Maison de la culture reste le seul lieu de distraction. Je vous citera l’ensemble des bousculades du public pour assister à une soirée de Allaoua ou d’Aït Menguellet.

Justement, quelle sera votre propre contribution afin de booster un petit peu plus le monde culturel ?

Pour moi, j’essayerai d’apporter ma touche et contribution à la mesure de nos savoir et capacités. Cependant, je suis convaincu que l’artiste doit innover, créer et éviter le réchauffé.

Malheureusement, on sent qu’il y a des gens qui sont là à attendre le nouveau pour le reproduire. Ma devise est la création, pour refaire et reproduire le travail des autres, pour moi ça ne sert vraiment à rien.

On vous laisse le soin de conclure…

Je dirai en premier lieu que les chaînes de télévision doivent, à défaut des sponsors, contribuer financièrement au soutien des jeunes artistes et producteurs. Il y a aussi, l’image, j’ai rencontré récemment Djamel Bacha, j’espère collaborer prochainement avec lui. Je dis, concernant le commentaire et l’animation, que ce sont des éléments importants dans un travail (films ou spectacles) que les gens doivent prendre avec un maximum de sérieux. Je lance un appel, dans ce sens, aux responsable du Festival du film amazigh pour réserver un prix au meilleurs commentaires.

Entretien réalisé par A. Z.