La Dépêche de Kabylie

 »Nous demandons l’application de la loi »

La Dépêche de Kabylie : Où en êtes-vous dans vos démarches en vue de contrecarrer la résolution du CPE portant cession de l’Unité au profit de AGCM ?

Zina Ouagueni : A la case départ ! Après six mois de tergiversations, le temps a fini par nous donner raison. Le repreneur a encore une fois montré son incapacité à respecter ses engagements financiers, en dépit des deux mises en demeure qui lui ont été adressées par la SGP Equipag les 1 et 17 septembre dernier. Cela implique automatiquement l’annulation de la résolution portant cession de l’entreprise.

D’ailleurs, le 4 septembre dernier, le secrétaire général du syndicat d’entreprise ENMTP avait adressé un écrit dans ce contexte au ministre de l’Industrie et de la Promotion des investissements pour, d’un côté le tenir au courant de l’évolution de la situation et de l’autre maintenir la pression afin d’annuler la décision de privatisation de l’unité.

Donc, vos doutes quant à l’incapacité financière de AGCM de reprendre l’unité se confirment aujourd’hui

Nous connaissons bien le repreneur et ses capacités financières. C’est une SARL sous-traitante de l’UGB, elle est de petite taille et, par ricochet, incapable d’honorer ses engagements malgré les démarches entreprises par le repreneur pour augmenter le capital de son entreprise, notamment l’apport de six millions de dollars de la société islamique pour le développement et l’engagement de Maghreb invest de porter à l’actif de AGCM 800 000 000,00 DA. Cela n’a évidemment rien changé à la donne, d’où la confirmation de ce que nous avons prédit, à savoir que la privatisation de l’unité n’obéit à aucune règle. De plus, derrière les rideaux, il y a ceux qui tirent les ficelles.

Pouvez-vous nous éclaircir sur ce dernier point ?

L’Unité grues de Béjaïa, n’est pas une entreprise donc elle ne peut en aucun cas être privatisée. Cela d’une part, d’autre part nous demandons à ce que les décisions prises par la SGP soient appliquées. En d’autres termes, le délai accordé au repreneur est arrivé à terme le 30 septembre dernier sans pour autant honorer ses engagements, donc la décision doit être annulée.

Que comptez-vous faire dans les prochains jours ?

Pour les dimanche 12 et lundi 13 de ce mois, nous avons programmé une réunion qui va regrouper les syndicalistes de l’ENMTP, à Constantine, pour débattre de la situation de l’entreprise et arrêter une batterie d’actions de protestation pour les prochains jours.

Comme la situation n’augure rien de bon, nous comptons radicaliser notre mouvement de contestation en entrant en grève illimitée.

Entretien réalisé par D. S

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