»Nous sommes à la recherche d’un local pour réaliser nos projets »

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La Dépêche de Kabylie : Cela fait plus de cinq ans que votre dictionnaire universel bilingue Tamazight-Français/Français-Tamazight a été édité. Nous avons entendu dire que vous êtes entrain de finaliser d’autres ouvrages. De quoi s’agit-il et où en êtes-vous ?

Abdelhafid Idres : Finaliser, non, car cela demandera beaucoup de temps. De plus, nous avons été contraints d’interrompre les travaux de recherche car certains universitaires qui nous aident étaient entrain de préparer leurs mémoires de fin d’étude. Nous venons tout juste de reprendre dans des conditions lamentables à cause de l’absence d’un local. Concernant nos projets, nous avons un dictionnaire monolingue de Tamazight qui sera très difficile à réaliser car certains mots sont en voie de disparition et il faudra des recherches très approfondies. Ce dictionnaire comprendra plus de 80000 mots.

Quant aux autres ouvrages, il y a les deux encyclopédies de la faune et de la flore algérienne. Ce travail ne sera pas difficile puisque les animaux et les plantes sont déjà inventoriés. Il ne reste que le texte à placer. Par contre, le problème réside dans l’image car cela nécessitera beaucoup de déplacements.

Il y a aussi les quatre lexiques Tamazight – Allemand, Espagnol, Anglais et Italien. Enfin, nous voulons aussi réaliser un livre de fables des recueils de Slimane Azem et un livre de conjugaison de 25000 verbes conjugués en Tamazight

Donc, vous serez certainement retardés à cause des problèmes matériel et financier…

Bon, le problème financier oui. D’ailleurs, je suis vraiment déçu par les résultats de toutes les demandes adressées un peu partout.

Côté matériel, Dieu merci, nous sommes dotés d’un ordinateur très puissant et d’un deuxième que nous utilisons souvent. Sans oublier bien sûr l’appareil photo numérique. Toutefois, comme je viens de vous le dire, nous sommes à la recherche d’un local pour y travailler à l’aise.

Vous avez mis treize années pour réaliser votre premier ouvrage. Est-ce que la réalisation de vos nouveaux projets vous demandera autant de temps ?

L’ouvrage qui prendra beaucoup de temps sera le dictionnaire monolingue de Tamazight de plus de 80000 mots. Nous travaillons généralement deux à trois heures par jour. Je vais peut-être vous étonner mais cela nous arrive de n’enregistrer que deux ou trois mots durant ces trois heures. Je dis bien deux ou trois mots, pas plus. Pourquoi ? Parce qu’il ne s’agit pas de prendre un mot avec sa définition et de l’écrire sur une page de l’ordinateur. Parfois, rien que l’étymologie demande la consultation de cinq à six ouvrages pour un seul mot. D’ailleurs, même pour trouver certains mots, cela demande du temps. Ensuite, il faut chercher aussi s’ils n’ont pas de synonymes. Ce n’est pas facile du tout.

Le dictionnaire universel bilingue Tamazight-Français/Français-Tamazight a été mis sur le marché par l’édition Jazz en 2003 et il est épuisé depuis un bon moment. Pensez-vous à sa réédition ?

Oui. Mais je suis d’abord, entrain de le réactualiser en l’enrichissant car il y a des mots qui n’existaient pas dans la première édition, et aussi en corrigeant les mots qui ont été mal repris.

Sera-t-il remis sur le marché par la même édition ?

Possible. Mais, j’ai eu d’autres propositions. Donc, tout dépendra des conventions que nous aurons à signer.

Vous avez réalisé votre premier ouvrage avec Rabah Madi. Etes-vous entrain de travailler actuellement avec lui également ?

Oui, bien sûr.

Pour conclure ?

Tout d’abord, je souhaite à moi-même bon courage car c’est très difficile. Sinon, je lance un appel à tous ceux qui peuvent nous aider, notamment en nous communiquent des mots en voie de disparition.

Ceux qui pensent qu’un mot n’a pas de valeur parce qu’il n’est plus utilisé font erreur. Pour moi, chaque mot est une valeur.

Donc, je demande de tout cœur à toute personne pouvant nous rassembler certains mots en nous disant, bien sûr, de quelle région sont-ils, de le faire.

Propos recueillis par Tarik Amirouchen

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