– Peuple Algérien
– Militants de la cause nationale
» A vous qui êtes appelés à nous juger (le premier d’une façon générale, les seconds tout particulièrement), notre souci en diffusant la présente proclamation est de vous éclairer sur les raisons profondes qui nous ont poussés à agir en vous exposant notre programme, le sens de notre action, le bien-fondé de nos vues dont le but demeure l’Indépendance nationale dans le cadre nord-africain. Notre désir aussi est de vous éviter la confusion que pourraient entretenir l’impérialisme et ses agents administratifs et autres politicailleurs véreux…… »
C’est par ces phrases que débute la déclaration qui fut lancée le premier appel au peuple algérien par le secrétariat général du Front de libération nationale le 1er Novembre 1954. 54 années après le déclenchement de la Révolution, et après 46 années d’indépendance, le peuple algérien n’est plus aussi confiant en les valeurs de Novembre. Hormis les membres de la famille révolutionnaire, bien rare sont les personnes qui se recueillent dans les cimetières et carrés des chouhada. Seuls les officiels commémorent cette date historique aujourd’hui encore. L’enthousiasme et l’euphorie post indépendance a, au fil des ans, disparu pour laisser place à une morosité sans précédent. Depuis plusieurs années déjà, l’affaire dite » des faux moudjahid « , n’a toujours pas révélée tous ses dessous. En 2004, le ministre des Moudjahidine, Mohamed Cherif Abbes avait déclaré l’existence de plus de 10.000 faux moudjahidine. 67 personnes ayant usurpées la qualité d’ancien maquisards avaient été débusqués en février dernier dans la wilaya de M’sila. Cette affaire vient justement d’être reprise par le RCD et les partis de l’alliance présidentielle en soulevant un véritable tollé dans l’hémicycle. Mais ceci n’étant qu’un cheval de bataille de plus pour les » politicailleurs véreux « , inutile de porter beaucoup d’espoir pour que cette affaire soit résolue. Un espoir qui justement fait défaut depuis 1968, date à laquelle a débuté, selon le ministre des Moudjahidine, l’opération d’assainissement pour débusquer les personnes ayant usurpées la qualité d’anciens maquisards. Une opération qui se poursuivrait toujours mais dont les résultats de l’enquête tarde à être rendus publics. Existe-t-il encore des usurpateurs ? Sans un véritable travail d’historiens pour rétablir les faits et leurs auteurs dans les conditions qui ont réellement prévalues durant la guerre de Libération nationale, peu de chance pour que nos enfants connaissent enfin toute la vérité sur les sept années de lutte contre le colonialisme armé. Des jeunes auxquels il faudra éviter d’inculquer la culture des harraga, afin qu’ils ne s’échouent sur les rives du pays ayant colonisé l’Algérie durant 132 années. Le sang de nos martyrs est indélébile, chose qui n’est malheureusement pas ancré dans la mémoire collective.
Bessaoudi Hafidh
