1er Novembre de la symbolique aux objectifs de la Révolution

La veille du 1er Novembre, date historique s’inscrivant au fronton de la révolution armée contre le système colonial spoliateur, ayant paupérisé et fragilisé, à plus d’un titre, des pans entiers du peuple algérien, a retrouvé sa symbolique au sein de la commune de Tifra, et ce, avec l’organisation d’une rencontre, au chef-lieu communal, Hammam Sillal, ayant rassemblé circanstentiellement des élus locaux, d’ex-combattants de l’ALN, d’ex-activistes de l’OCFLN, des fils de chahid, des citoyens notamment ceux de la jeune génération dont l’équipe de boy-scouts du village Tizi N’tifra, ayant son empreinte sur une partie du programme préparé à ce même effet…

Le public regroupé dans une salle du siège provisoire de l’APC — nouveau siège est attendue — a eu droit à la projection du film très connu La bataille d’Alger en plus d’un document réalisé à l’échelle local, en hommage au colonel Amirouche et ayant trait à une visite à Boussaâda, en mars 2007, dans les lieux où le « Lion de la Soummam », a livré son ultime bataille aux côtés du colonel Si El Houas…

La projection filmique a été interrompue par des témoignages sur la Révolution novembriste suivi d’une collation.

Rabah Meksem P/APC a d’abord appuyé sur la symbolique de la date du 1er Novembre, inscrite dans l’histoire, avant de rendre hommage, à tous ceux qui ont pris part à la révolution novembriste dont l’aboutissement a été le Congrès de la Soummam, et de rappeler que le même congrés a assigné trois objectifs, pour la Révolution, à savoir la libération de l’Algérie, l’instauration d’une République démocratique et sociale, l’édification de l’Union du Magreb des peuples, et d’expliquer que le premier objectif étant atteint, avec le recouvrement de l’indépendance, le second reste un combat à gagner, avec la lutte contre l’injustice sociale, pour la dignité, la distribution équitable des richesses du pays, de même que le troisième objectif visant une unification constructive, attend d’être concrétisé avec l’UMA comme c’est le cas aux USA et en Europe.

Dda Brahem Bouriahi, ancien Moudjahid et responsable de l’ONM local, a entre autres souligné « que la commémoration de ce 54e anniversaire du sursaut révolutionnaire signifie que nous n’avons rien oublié, et si les premières révolutions populaires allant de 1830 à 1945 n’ont pas abouti, cela était simplement dû au fait que celles-ci n’avaient pas fédéré en même temps toutes les énergies dans les quatre coins du pays, et en hommage à tous ceux qui ont consenti le sacrifice suprême pour la liberté », il dira que « la Révolution de Novembre a été le fait de gens clairvoyants, déterminés, ayant la foie et le courage pour ainsi mener une lutte armée glorieuse devant la 4e puissance mondiale d’alors ». Dda Rabah Bradâi, ancien combattant de l’ALN, tout en réitérant les souhaits de bienvenue aux présents, particulièrement les jeunes a insisté que « (notre) pays c’est ici, ce n’est pas ailleurs, c’est ici qu’il faut vivre dignement », usant de tournures de phrases que permet le kabyle à l’instar d’autres langages, il dit : « Même un sultan qui vit en exil ne peut connaître qu’humiliation… » Et tout en rendant hommage à tous ceux ayant participés à la libération de l’Algérie, en commençant par les artisans et initiateurs de la Révolution, il insistera aussi sur le fait que l’Indépendance a été le fruit de l’union de tout un peuple, affirmant au passage, qu’un jour dans le maquis, le colonel Amirouche discutant avec les combattants les aurait sensibilisé en leur affirmant, même un père blanc recherché par l’armée coloniale est le bienvenu dans notre camp. Vers zéro heure, tout le monde quitte la salle du siège de l’APC, dehors, l’on assiste à la levée du drapeau, suivi d’une bonne dose d’une salve de coups de feu, c’est le premier novembre 2008. Le jour suivant, à la même date, la commémoration reprend avec le dépôt d’une gerbe de fleurs à la stèle du chef-lieu, érigée à la mémoire des plus de 400 chahid issus de tous les villages de la commune Tifra…

Nadour Youcef