En effet, plusieurs mouvements de débrayage ont paralysé ce secteur depuis le début de cette année. La vague du mécontentement a commencé en mars dernier par la grève observée par les transporteurs desservant Béjaïa à partir de Bouira, une protestation marquée alors par une action radicale (fermeture de la route nationale 26). Ensuite c’était autour de ceux garantissant la desserte Aomar-Bouira. Et depuis ce samedi, ce sont les transporteurs assurant la liaison Bechloul-Bouira. Ces derniers se trouvent pour la quatrième journée consécutive en grève. Une grève déclenchée pour rappel en signe de protestation contre les conditions de travail jugée « inacceptables ». (Voir notre édition du 3 novembre 2008). Parmi les problèmes soulevés par les transporteurs, l’absence d’une aire de stationnement approprié, la concurrence « déloyale » des autres transporteurs et la saturation de la ligne Bechloul-Bouira. Mais c’est l’attribution récemment de nouvelles lignes pour trois autres transporteurs qui est apparemment à l’origine de ce mouvement de grève. Pour ces protestataires, il est inconcevable d’attribuer de nouvelles lignes pour une desserte déjà saturée. « Les recettes quotidiennes se réduisent comme peau de chagrin en raison de la saturation de la ligne Bechloul-Bouira. Et il n’est pas question d’en rajouter d’autres, sinon il y aurait moins de travail », s’accordent à dire ces transporteurs. La direction du transport de Bouira affirme de son coté que l’attribution de nouvelles lignes s’effectue sur la base d’un plan de transport inhérent à chaque localité. Pour les services des transports, le problème de la saturation n’est point une contrainte et idem pour les autres raisons invoquées par les grévistes. Une grève donc qui serait injustifiée. En attendant, ce sont les usagers des transports notamment les fonctionnaires et étudiants qui sont pénalisés. Depuis samedi, et hier encore, des centaines de voyageurs attendaient sur les trottoirs aux abords de la RN 5 dès les premières heures de la matinée. Des voyageurs à l’affût du moindre moyen de transport. Il arrive que des bus en provenance de M’chedallah en partance vers Bouira, Tizi ou Alger s’arrêtent pour les prendre, mais des problèmes d’une autre « nature » commencent en effet à voir le jour. Quiconque s’aventurant à marquer l’arrêt à Bechloul pour prendre des voyageurs est systématiquement intimidé, voire menacé de saccage par les transporteurs en grève, selon certains témoignages de receveurs et chauffeurs de bus. De ce fait, et devant le dictat imposé par les protestataires, certains d’entre eux refusent de marquer l’arrêt à l’entrée de la ville. Situation qui fait que les voyageurs attendent des heures et des heures avant de regagner la ville de Bouira, et ce au risque d’arriver très tard au boulot. Ce qui n’a pas manqué de soulever l’ire de la plupart des des usagers des transports. Certains d’entre eux nous sont savoir que « les protestataires peuvent agir comme ils le souhaitent mais n’ont en aucun cas le droit d’empêcher d’autres transporteurs de marquer l’arrêt dans la ville et de les empêcher de faire monter des voyageurs ». Pourtant, sur les cartes d’horaire des bus, figurent plusieurs arrêts obligatoires. Si un arrêt est négligé par un transporteur, l’usager peut déposer plainte au niveau de la direction des transports. Inutile de préciser que c’est la ligne desservie par le transporteur qui lui sera retiré sans parler des autres sanctions qu’il encourt. Situation paradoxale pour les voyageurs qui, cependant vient de connaître son épilogue puisque on apprend, à l’heure où nous mettons sous presse, la reprise du travail des grévistes.
Djamel. M