Il est vrai que ces derniers temps la réalisation du nombre de foyers pour jeunes s’est multipliée, mais force est de constater que cela ne se limite qu’aux infrastructures. Car, dans la plupart des cas, ces structures n’ont pas de statut. A force de rester closes durant des années après leur réception, elles deviennent des lieux de rencontre pour les noctambules.
Les jeunes du village de Tazrout Nezilioua dans la commune de Draâ El Mizan qui n’ont rien d’ailleurs attendent avec impatience la mise en service du foyer réalisé dans leur localité. “Nous sommes isolés dans ce patelin”.
“Certains n’ont même pas un dinar pour descendre à la ville. Au moins qu’ils mettent à notre disposition cette infrastructure que vous voyez”, nous informe un jeune âgé à peine de vingt ans en nous montrant cette belle construction qui surplombe les quelques maisons à l’entrée de Tazrout. Un autre jeune nous a fait savoir que la mise en service de cette infrastructure est conditionnée par l’existence d’une association culturelle qui la prendrait en main. “Malheureusement, chez nous, le mouvement associatif est carrément absent”.
“Je crois qu’elle n’ouvrira pas ses portes avant 2050”, ironise un autre intervenant. En somme, il n’échappe à personne que ces maisons de jeunes limitent un tant soit peu les déperditions au sein de la jeunesse d’une part, et l’aident à l’épanouissement d’autre part ; mais leur gestion doit être redéfinie.
“On nous demande de les programmer dans les PCD. Puis, une fois réalisées, la procédure de leur mise en fonction butte à des problèmes divers, notamment le manque d’encadreur”, nous a déclaré un ex-élu à l’APC. Ainsi, pour que ces foyers soient rentables, il faut qu’ils deviennent patrimoine de la jeunesse et des sports dès leur réception afin d’éviter toute forme de blocage. Car, seule cette direction est en mesure de les prendre en charge comme il se doit. En attendant de telles décisions, les jeunes de Tazrout Nezilioua doivent tenir leur oisiveté en patience.
A. O.
