La manifestation de rue menée avant-hier par les habitants de la cité “Décaillé” de Draâ Ben Khedda n’a décidément pas dissuadé les pouvoirs publics qui sont passés à l’action dans la matinée d’hier en procédant à la démolition de trois habitations classées “illicites”, au niveau de ladite cité.
En effet, les riverains se sont reveillés sur le bruit d’un engin des travaux publics qui était escorté par plusieurs dizaines d’agents du service d’ordre. Ceux-ci ont été dépêchés pour faciliter la tâche et éviter tout débordement sachant que cette action ne serait certainement pas applaudie par la population locale.
Ce fut d’ailleurs le cas. Et comme il fallait s’y attendre les citoyens ne voyaient pas d’un bon œil cette action, mais ils étaient contraints de contenir leur ire. Ils ne pouvaient que contempter, “passivement” l’œuvre de l’engin qui n’a fait qu’une bouchée des trois maisons. Il s’agit en fait de trois habitations érigées à une quinzaine de mètres du site de l’ancien hangar de l’OAIC (office algérien interprofessionnel des céréales) transformé depuis 2006 en une cité bidonville ou cohabitent “misérablement” une trentaine de familles. Les trois maisons en question étaient construites sur un lieu ou devaient en fait être installés des chalets pour abriter justement les familles qui étaient en nombre de 12 en 2006. En tout cas, à en croire les dires des citoyens, ne voyant rien venir et las d’attendre en vivotant dans des maisons vetustes, certains de ces habitants ont décidé de se prendre en charge en construisant ces maisons.
Ce qui a provoqué la réaction des pouvoirs publics qui voulaient décidément préserver les lieux. Autrement dit, ces citoyens sont allés au -delà du “périmètre autorisé”. En outre, croit-on savoir, si les autres maisons, celles érigées sur le site même du hangar, sont épargnées c’est surtout parce que l’Etat n’a pas trouvé une solution pour reloger ces familles.
M. O. B
