« X » assistance ou le transport sanitaire en question

Comment et qui, ces nouvelles sociétés assistent-elles ? Quel est leur domaine d’intervention ? Avec qui sont-elles conventionnées ? Autant de quetionnements qui se bousculent dans la tête de nombreux citoyens. Pour nouvelle qu’elle paraît, cette activité a été en réalité introduite, sous l’égide du ministère des transports, dès le début des années 80 sous l’appellation de « transport par ambulance » et seules quelques sociétés ont été créées, telles que « SOS Bahar » de Sétif ou encore « Afrique assistance » d’Alger. En 1998, un arrêté ministériel est venu réglementer cette activité en l’appelant « transport sanitaire » et a soumis son exercice à un agrément du ministère de la santé et de la population.

Même si n’importe quelle personne peut créer une telle société, il est prévu toutefois toute une armada de conditions à remplir pour ce faire. L’autorisation d’exercice est subordonnée à la réunion des conditions techniques et au respect d’obligations bien déterminées notamment les catégories de moyens de transport affectés aux transports sanitaires, les normes techniques et matérielles devant être disponibles à bord de ces moyens et la qualification des personnes et équipages devant assurer ce type de transport. Scindée en trois catégories, la création de cette activité exige à bord de ces véhicules un équipage médical et paramédical allant du brancardier diplômé au médecin spécialiste. Pour la catégorie « A », soit une ambulance médicalisée, il est exigé la présence d’un des membres de cet équipage et surtout un praticien médical spécialiste.

Pour la catégorie « B », soit une ambulance sanitaire, il est exigé qu’un des membres de cet équipage soit impérativement un infirmier diplômé ou auxiliaire médical en anesthésie-réanimation et enfin deux agents titulaires de l’un des diplômes suivants : aide-soignant, titulaire du certificat de capacité d’ambulancier ou du certificat de brancardier pour la catégorie « C », soit le véhicule sanitaire léger (VSL).

Béjaïa dispose de 8 sociétés de transport sanitaire

A elle seule, la wilaya de Béjaïa représente presque un dixième du nombre d’opérateurs intervenant au niveau national. En effet sur les 114 sociétés créées en Algérie, Béjaïa dispose de 8 dont quelques-unes ont créé des succursales dans d’autres wilayas, à l’image de « Soummam assistance » laquelle est implantée aussi à Tizi-Ouzou, Jijel et Constantine. Si la loi permet à ces promoteurs d’installer des antennes dans d’autres wilayas, elle ne leur permet pas de le faire dans la même wilaya, c’est la raison pour laquelle le promoteur de cette dernière avait crée « Kherrata assistance » à Kherrata et « Ifri assistance » à Akbou. Idem pour le promoteur de « world assistance » qui a été obligé d’appeler son unité d’Akbou « mondial assistance » et celle de Kherrata « Kefrida assistance ».

Outre ces 6 sociétés, il y a aussi la présence sur le terrain de « Béjaïa assistance » dont le siège est à Béjaïa et « Hammadites assistance » dont le siège est à Amizour.

Une quarantaine de véhicules pour deux cents patients permanents

Globalement ces dernières disposent d’une quarantaine de véhicules, emploient près d’une centaine entre personnel médical et paramédical et s’occupent de pas moins de deux cents patients en permanence, notamment ceux nécessitant des déplacements réguliers pour des séances d’hémodialyse, de chimiothérapie et autres. Elles sont venues pallier l’incapacité du Samu à prendre en charge le nombre élevé de malades et l’inadéquation des autres moyens communs de transport. Comme toutes les sociétés commerciales travaillant avec la population, surtout les malades, elles sont confrontées à beaucoup de problèmes. « On nous exige des ambulanciers ou brancardiers diplômés, or il n’y a aucune école qui forme ce genre de fonctionnaires », déclare monsieur Guendouz de la société « world assistance ». Outre l’absence de ces agents diplômés, le dr Benmouri de « Soummam assistance » déplore le manque d’infirmiers diplômés qui sont en général affectés aux structures hospitalières étatiques dès leur sortie de l’école de formation paramédicale et parle de son impossibilité à les motiver financièrement plus que les hôpitaux du fait que primo ils ne feront qu’accompagner les malades chez « Soummam assistance » sans aucune pratique sur le terrain après la formation et secundo les moyens financières ne le permettront pas car la nouvelle tarification de la CNAS, principal client, mise en application depuis juillet 2007 est en deçà des aspirations et des prestations fournies.

« Depuis la loi de 2007 qui est venue réglementer cette activité et fixer la tarification du malade. A titre d’exemple, au lieu de 6 000 à 7 000 DA pour le transfert d’un malade de Béjaïa à Alger, nous ne percevrons que 3 000 à 4 000 DA » ajoutera M. Benmouri.

Tous les assurés et leurs ayant-droits nécessiteux peuvent en profiter

La convention liant les deux parties permet aux malades dont le médecin prescrit une prise en charge d’être transportés gratuitement vers les lieux de soins. Ainsi les dialysés, les malades cardiovasculaires, les cancéreux nécessitant des séances de chimiothérapie et radiothérapie, ceux ayant des prises en charge pour les cures thermales peuvent déposer un dossier de demande de transport sanitaire auprès des services de la caisse nationale d’assurance sociale. Une prestation de service, supportée financièrement en général par la CNAS, qui atténue un tant soit peu les souffrances des malades démunis. Toutefois même les particuliers non affiliés à la CNAS peuvent solliciter les services de ces sociétés pour leur transport contre payement de la facture établie.

A. Gana