La Dépêche de Kabylie

Le mouton se vend mal malgré l’approche de l’Aïd

Samedi. Onze heures. Marché hebdomadaire. Les uns derrière les autres, des villageois quittent la place du marché pour se rendre vers les véhicules bâchés en tirant sur la corde attachée au cou d’un ou de plusieurs moutons. « Nous n’avons pas pu vendre nos bêtes aujourd’hui. Il n’y a pas d’acheteurs potentiels. Ceux qui sont venus ne font que prendre la température », répondent à notre question ces citoyens visiblement insatisfaits.

Au demeurant, si les éleveurs sont arrivés de partout, de toutes les localités environnantes, il en est de même pour les visiteurs et les acheteurs. Ainsi, pour aâmi Saïd, ce retraité de l’éducation, résidant à Draâ El Mizan, il n’est pas question pour lui d’acheter d’un autre marché que celui de Tizi Gheniff. « Chaque année, j’achète mon mouton de l’Aïd de Tizi Gheniff car les petits éleveurs de cette localités ou de M’kira prennent grand soin de leurs bêtes, qui sont engraissées naturellement donc leur viande est d’une grande qualité. Néanmoins, les prix demandés et exigés sont assez élevés mais chacun a ses raisons, bien sûr.  » En effet, comparativement à l’an passé, les prix sont à peu près les mêmes. Un beau mouton se négocie entre 24 et 26 000 dinars. « Il reste bien sûr encore trois samedis, soit trois fois le marché hebdomadaire avant l’Aïd et d’ici là, je suis bien obligé d’acheter un mouton à n’importe quel prix. C’est ça le sacrifice ! » Nous rétorque ce badaud qui a fait sûrement plusieurs fois le tour du marché en tâtant le dos de ces animaux.

Essaid N’Aït Kaci

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