L’alerte est donnée aux environs de 13 h 15. Bientôt toute la ville ne parle plus que de ça. Des voisins hagards, des policiers sur les dents bouclent le périmètre, une atmosphère lugubre. Impossible d’arracher à quiconque un témoignage circonstancié. Tout semble s’être déroulé en un éclair. Personne n’a rien vu, personne n’a rien entendu jusqu’au moment où la malheureuse a donné l’alerte : égorgé ? Poignardé ? On ne savait pas trop. La victime : Mohamed M., 68 ans, bijoutier de son état, tenant commerce au boulevard Amirouche, face aux fameuses arcades.
» Habituellement, entre 12 et 13 h, sa fille et un autre employé s’en vont déjeuner … « , dit quelqu’un à la cantonade. Il ne sera pas plus disert. Le (ou les) assassin (s) semblent être bien au fait de ce détail et avoir profité de ce moment de solitude pour opérer. Du nombre de ces derniers on ne sait rien et encore moins sur leur mobile.
L’hypothèse d’un hold-up sanglant semble écarté au profit de celle d’un règlement de comptes.
Même si les policiers veillaient jalousement sur les lieux du crime, la vitrine laissait entrevoir un achalandage qui ne semble pas avoir subi un quelconque « abordage. »
A l’intérieur ? La Police scientifique et le parquet procèdaient aux enquêtes d’usage. C’était le topo hier à l’heure où nous mettons sous presse. Devant le mutisme de la police, les rumeurs allaient déjà bon train. La bijouterie serait équipée d’un système de surveillance vidéo interne. Le défunt a procédé à son installation à la suite d’une tentative d’agression dont elle aurait été victime l’année dernière, affirme-t-on.
La scène du crime aurait-elle été filmée ? Non probablement, puisque le meurtre se serait déroulé dans la soupente. Mais la police serait sur une piste sérieuse : la caméra a filmé les mouvements d’entrées et de sorties durant la tranche horaire de 12 à 13 h, heure lors de laquelle le crime a été commis.
Nous y reviendrons.
M. B.
