Le mouton de l’Aïd toujours aussi cher

Partager

A quelques jours de la fête de l’Aïd El Adha, les marchés aux bestiaux de la wilaya de Bouira commencent à connaître une certaine tension sur les prix. Tout le monde aura certes remarqué ces jours-ci que, sur les deux rives des différentes routes nationales, traversant l’ensemble des localités, des éleveurs se réunissent pour proposer ovins et caprins.

Lors d’une virée effectuée au niveau de la localité de Raffour, relevant de la commune de M’chedallah ou au marché de Bechloul, il a été constaté que les avis différent entre vendeurs et acheteurs. Ainsi selon les vendeurs “en comparaison de l’année passée les prix ont légèrement augmenté à cause des hausses de l’ensemble des produits agricoles servant à l’engraissement. Les exemples ne manquent pas, le prix d’une botte de foin est à 500 DA, l’orge est à 250 DA les 15 kg, l’avoine quant à elle est carrément inabordable.” nous informent ces éleveurs. Pour certains d’entre eux, les causes seraient peut-être à rechercher ailleurs, à l’image “des filières de contrebande, qui activent au niveau de nos frontières et qui ne cessent de saigner le marché intérieur.” Les effets immédiats “créent un déséquilibre entre l’offre et la demande et par voie de conséquences buttent sur une hausse des prix.” ont tenu à nous expliquer ces mêmes éleveurs. Quant aux éventuels acheteurs ils affirment eux, que cette année encore le mouton est trop cher. Un mouton qui “coûte en moyenne entre 15 000 et 20 000 DA, est bien au dessus des capacités financières de la grande partie des citoyens” nous fait remarquer un père de famille, lequel tentait de négocier l’achat d’une mouton proposé à 18 000 DA. Additivement aux causes avancées, par les uns et les autres sur ce phénomène de la hausse des prix des moutons à l’approche du sacrifice de l’Aïd, s’ajoutent d’autres causes liées en particulier au volet sanitaire du cheptel puisque ce dernier n’a pas connu cette année de maladies susceptibles d’inciter les citoyens à ne pas les acheter. La bonne pluviométrie, enregistrée ces derniers mois, au niveau de la localité aurait aussi joué son “rôle” dans ce phénomène. Elle augure d’une bonne saison en matière de la disponibilité des produits agricoles (orge, avoine, foin…) utilisés dans l’engraissement du cheptel. Les éleveurs ne seront pas inquiétés même si une mévente de leur cheptel se produit, ils peuvent le garder grâce aux garanties de futures bonnes récoltes résultant des bonnes conditions climatiques. En attendant, c’est toujours le citoyen moyen qui en pâtit au regard de sa modeste bourse avec laquelle il ne peut pas se permettre l’achat de ce “cher mouton”. Il se rabattra sûrement sur les solutions de rechange comme à l’accoutumée, tandis que les spéculateurs eux…

Farid Kaci

Partager