Les transporteurs protestent

Au pays des chemins qui montent le secteur du transport est loin de ses beaux jours. Souvent les entraves se succèdent dans un feuilleton incommensurable. Les régions montagneuses ne disposent pas, toujours, de routes bien aménagées, en outre il faut faire face à une nature rude, surtout pendant la saison froide. Cette année, la neige a entravé la circulation durant des semaines, en somme, le citoyen subit les conséquences de tous ces désagréments. Le secteur du transport vient de connaître de nouvelles mesures, qui ne semblent pas arranger les conducteurs qui assurent le déplacement des voyageurs. A partir du 05/05/2006 tous les véhicules de transport de voyageurs de 09 places seront remplacés par des taxis-bus dépassant ce nombre. Devant cette nouvelle donnée, les transporteurs publics des voyageurs de l’ex-daira de Sidi Aich se sont regroupés dans un collectif pour dire « non » à cette situation « établie » qui ne leur convient point. Le groupe de conducteurs regroupent 51 personnes réparties sur quatre communes : Chemini, El Flay, Tibane et Akfadou. A moult reprises ledit collectif a tenté de solliciter les pouvoirs publics afin de répondre à favorablement à ses revendications, mais point d’écho. Pour ces transporteurs « cette nouvelle mesure va compliquer d’avantage la situation difficile dont se trouve le secteur ». Les lignes desservies sont situées en zone rurale et montagneuse, présentant des contraintes de divers ordres. Des fois, un fourgon peut faire des aller-retours quasiment vide, « les itinéraires effectués, plusieurs fois par jour sont très durs, à cause de l’état des routes ». « Nous ne disposons pas de moyens financiers pour renouveler notre parc véhicule, l’exploitation des lignes nous permet, à peine d’assurer un salaire mensuel moyen. Acquérir des véhicules neufs dépassant 09 places, n’est pas à notre portée, car comment pourrons-nous rembourser les prêts bancaires » ? »Abandonner ce créneau, qu’est le transport de voyageurs n’est pas une alternative pour la majorité d’entre nous, parce que le chômage a atteint des proportions alarmantes, alors comment faire pour nourrir nos familles ? Au vu de toutes ces conditions l’acquisation de véhicules de plus de 9 places est synonyme de notre faillite », estime le collectif des transporteurs. Pour faire face à cette problématique, les conducteurs mécontents », proposent une solution de compromis, « à l’instar de wilayas de Tizi Ouzou de Bouira et Boumerdès, il faut nous autoriser à aménager nos véhicules actuels de façon à porter le nombre de place de 9 à 12. Bien évidement, sous le contrôle de l’ingénieur des mines », proposent les mêmes personnes. A partir du 05/05/2006, cette nouvelle mesure de changements de véhicules de transport des voyageurs sera de mise. Ainsi beaucoup de travailleurs seront livrés au chômage. Cependant, le problème ne s’arrête pas là, puisque le collectif des conducteurs de la région de Sidi Aich n’est pas prêt de baisser les mains. « Nous allons prendre toutes les voies de protestations pacifiques, pour mettre fin à cette mesure arbitraire ». « Nous respectons les lois de la République, mais nous sommes contre les décisions, qui vont dans le sens de la clochardisation des citoyens », estime Karim Abdous, chauffeur assurant la ligne Sidi Aich-Akfadou. Le dénouement de cette « crise » ne s’annonce guère pour demain.

Mohamed Cherif Zirem