Il faut rappeler que les bâtisses coloniales non repeintes depuis 3 ou 4 ans affichent une grise mine. Avec le temps et l’effet des intempéries, même le crépissage affiche ses limites. Certaines classes édifiées durant les années 80 par des entreprises peu performantes montrent également un état avancé de vétusté et de délabrement.
Exemple : à l’étage un crépissage détérioré fait sur une couche épaisse pour dissimuler les lacunes d’une construction bâclée risque de tomber à tout moment sur les élèves lorsqu’ils sont dans la cour. La chute de ces cristaux de gravats s’ils se détachaient pourraient blesser facilement les élèves qui jouent dans l’insouciance sans se douter d’un quelconque danger. Certaines classes ont des tableaux muraux d’un autre âge où il n’est plus possible d’écrire correctement ni lisiblement. Conséquence : les élèves éprouvent de grandes difficultés ne serait-ce qu’à recopier un texte ou un énoncé.
De quel droit des centaines d’enfants peuvent-ils ainsi manquer de tout et même de tableaux qui sont le plus vieux moyen didactique qui puisse exister ? Des classes sont dénuées de serrures et ne sont dotées que de poêles à mazout défectueux. Résultat : quand le mercure descend au plus bas élèves et enseignants s’exposent soit au danger de leur utilisation soit à leur extinction littérale, car ils ne sont plus en mesure de fonctionner durablement et correctement. Dans ces conditions, des gaz toxiques s’échappent lorsqu’il y a mauvaise combustion et on est parfois contraints de les éteindre. Autre chose, il arrive que le mazout vienne a manquer à des périodes où les enfants ont le plus besoin d’être protégés du froid glacial qui sévit dans ce village. Les sanitaires se sont dégradés depuis le départ des coopérants français à la moitié des années 60. Le développement dont on se targue tant montre des toilettes sans chasse d’eau ni robinets. Les ouvriers de l’établissement ont alors une tâche ardue pour éviter chaque jour que des odeurs putrides ne s’y dégagent. On est encore à l’âge de la pierre, là, quand on s’aperçoit que les petits utilisateurs sont, faute d’avoir accès à l’eau, forcés d’utiliser des pierres après avoir fait leur besoins. Où est donc l’hygiène pour que les apprenants puissent avoir un développement harmonieux ? Au temps des colons, il y avait même une autre série de lavabos dans la cour inférieure à l’ouest de l’école tant les besoins des enfants à l’époque pourtant moins nombreux étaient appréciés sans légèreté. En 2008, des élèves prennent à midi un déjeuner misérable qui n’a de repas que le nom sans même pouvoir se laver les mains.
L’argent public est gaspillé partout ailleurs et personne n’est inquiété pour donner un minimum de moyens qui assurent un cadre vivable aux futurs cadres du pays, mille raisons factices sont évoquées pour que l’on trouve la parade. C’est vrai que l’inexistence d’une culture de revendication et de mouvement associatif dans ce petit village laissé pour compte a favorisé l’instauration de cet esprit de laisser-aller d’où ce mutisme qui fait croire que tout va pour le mieux. Où sont donc les parents, les représentants du peuple, les responsables de l’éducation quand des ruraux sont ainsi défavorisés dans leur apprentissage par rapport aux apprenants citadins mieux servis sur tous les plans ? Enfin, l’absence de bibliothèque pour les enfants nous replonge dans les années 60. Quel contraste avec les ambitions et l’espoir que font naître les réformes qui font rage. Le pays est-il assez pauvre pour négliger et sacrifier ces bambins qui sont l’avenir des demain ? Néanmoins, la cour de l’établissement orné de verdure est dans un état de propreté irréprochable. Preuve que les ouvriers s’acquittent correctement de leur tâche et que les élèves ont de bons réflexes consistant à ramasse le moindre détritus pour le mettre aussitôt dans des corbeilles conçues à cet effet. Enfin, il ne faut pas nier que la collectivité locale vient d’acheter des rideaux pour protéger dans certaines classées à l’étage, les enfants des brûlants rayons de soleil qui font incursion à travers les vitres transparentes. Néanmoins, l’école devrait trouver un budget complémentaire pour acheter les équipements nécessaires à leur implantation.
Zoubir Z.
