L’hôtel – qui relevait de l’entreprise de gestion touristique (EGT Centre) jusque-là – et aussi les touristes dont une clientèle assez fidèle, attendaient avec impatience un plan de réfection pour cet établissement de renom. En 2005, une résolution du Conseil des participation de l’Etat, enregistrée sous le n°08/62/17/01/2005 mentionne que le CPE « Donne son accord pour le transfert de l’hôtel Tikjda-Djurdjura relevant de l’Entreprise de gestion touristique «EGT Centre» au profit du ministère de la Jeunesse et des Sports et mande ledit ministère de donner à l’hôtel Tikjda le statut d’Epic. » Un transfert qui ne satisfait pas les travailleurs de l’hôtel qui refusent de rejoindre le CNLST et qui ont adressé, via la section syndicale UGTA de Bouira, plusieurs requêtes en ce sens auprès de l’ensemble des administrations, des ministères chargés de ce dossier, et dont une copie a même été destinée au président de la République.
Dans la lettre en question, il est fait mention «qu’une enveloppe a été dégagée pour la réhabilitation de l’unité depuis 2000, et l’étude faite en 2004 n’a toujours pas vu le jour jusqu’à présent……. », avant de s’interroger : «Annexer un complexe touristique à un centre sportif, est-ce là la promotion du tourisme ?». La section syndicale s’interroge également sur la procédure suivie pour transférer l’hôtel au ministère de la Jeunesse et des Sports.
Une procédure jugée floue par des membres de cette section syndicale et qui lors d’une assemblée générale tenue le 4 décembre dernier, ont élaboré une plateforme de revendications avec une fiche de vœux. Au menu de ces revendications, il est demandé au président directeur général de l’EGT Centre, « la mutation du personnel vers les unités de l’entreprise EGT Centre » et revendication également des droits sociaux professionnels des travailleurs.
Dans ce P-V de réunion de l’AG des travailleurs de l’hôtel Tikjda, il est exigé une réponse écrite du
P-DG de l’EGT Centre dans les deux mois «sinon le conflit sera porté devant la juridiction compétente. » Une menace d’ester en justice le P-DG de l’EGT Centre, d’autant plus que l’Inspection du travail de Bouira a été saisie par la section syndicale des travailleurs.
D’après les dires des 29 travailleurs de l’hôtel, il faut impérativement sauver le tourisme dans la région, d’autant plus que le gouvernement a clairement affiché sa volonté et sa disponibilité pour développer ce secteur. «La moitié d’entre nous est prête à être mutée dans les établissements de l’EGT Centre, comme celui de Yakourène ou de Tala Guilef, et l’autre moitié est prête à des départs volontaires à la retraite avec indemnisations, car nous refusons de travailler pour le CNSLT.
C’est une crainte pour notre avenir car avec son statut d’EPIC, nous n’aurons pas de stabilité et les primes dont nous bénéficions jusque-là avec l’EGT Centre. Tant qu’aucune garantie pour notre «transfert» ne nous sera signifiée noir sur blanc, nous ne travaillerons pas pour le CNSLT. »
Les travailleurs de l’hôtel sont unanime à déclarer qu’ils comptent sur le soutien des amis de la nature et du tourisme pour que l’infrastructure hôtelière et le site ne soient pas transférés au ministère de la Jeunesse et des Sports, car soulignent-ils «En plus de la vocation touristique du site qui est menacé, l’économie de la région pâtira de ce transfert. » A noter que l’APC d’El Esnam encaissait jusque-là, 1% des recettes de l’hôtel Tikjda, en matière de fiscalité. Une manne non négligeable qui risque de disparaître sans aucune contrepartie dans cette région disposant de potentialités essentiellement touristiques.
B. Hafidh.