La Dépêche de Kabylie

Engouement pour la chasse aux grives

Ces oiseleurs ne se soucient ni de la faune ni de la flore car la fin justifie les moyens. Après une longue journée réservée à la capture de ces volatiles, ces chasseurs occupent les bords de la RN25 ou encore le CW128 pour vendre le produit de leur chasse. « Cette année, en raison de l’hiver qui a débuté tôt, il y a déjà beaucoup de grives. Le matin, on tend les pièges. Vers midi, c’est la ronde. Tous les oiseaux capturés sont comptés », nous a dit ce jeune accosté à l’entrée sud du chef-lieu de la commune d’Aït Yahia Moussa. Les prix fixés varient d’un groupe de chasseurs à l’autre. Pour nous convaincre, l’un d’eux nous propose ses grives à cinquante dinars l’une tout en nous disant qu’il nous accorderait un rabais.

Dans une municipalité aussi pauvre où il y a aucune entreprise économique aussi petite soit-elle, les jeunes sont prêts à exercer n’importe quelle tâche. Il y a des tamiseurs de sable, des ramasseurs de glands et bien sûr ces « chasseurs ». Avec le peu d’argent que ces derniers gagnent, ils arrivent quand même à subvenir à quelques uns de leurs besoins.

« Ce n’est pas facile de placer les pièges. Il y a beaucoup de risques. On n’a pas peur des animaux sauvages, mais plutôt des engins enfouis par les terroristes dans les parages », nous a confié un oiseleur du village d’Ath Moh Kaci. Notre interlocuteur nous a appris par ailleurs, que les forêts de ces maquis sont fréquentées par les braconniers s’il convient de les nommer ainsi car ils abattent tous les arbres sans scrupules.

« Les oiseaux fuient à cause des bruits des tronçonneuses et des haches trop fréquents en cette période où le bois de chauffage est trop prisé », a continué de dire un autre jeune qui aime beaucoup cette saison.

Il ne faut pas aussi oublier que dans ce versant est au chef-lieu, les olives sont abondantes si bien que les étourneaux n’ont pas tardé à arriver. « Avant, on utilisait les fusils de chasse. Depuis l’avènement du terrorisme, ces armes sont défendues », nous a dit un oléiculteur qui a peur de voir ces nuées d’oiseaux venir massacrer ses oliviers.

En tout cas, l’hiver est là avec tous ses bienfaits et ses aléas : froid, manque de chauffage, neige, une belle nature…

Amar Ouramdane

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