Pour en savoir plus sur la situation de la gymnastique au sein du MBB et les conditions de travail dans l’une de ces anciennes salles encore en activité à l’échelle nationale, nous avons eu le plaisir de rencontrer le DTS du club et entraîneur-adjoint de l’équipe nationale, Djamel Zouaoui, qui s’est exprimé avec une grande franchise et une gentillesse inégalable.
La Dépêche de Kabylie : Pouvez-vous nous retracer l’historique de votre club ?
Djamel Zouaoui : La pratique de la gymnastique au niveau de notre ville remonte à plus d’un siècle, même si avant l’Indépendance, la discipline était réservée strictement aux colons.
Notre club, le MBB, a été créé avec la reforme sportive donc depuis 1977, et depuis on a pu décrocher beaucoup de titres en tant qu’athlète et entraîneur. Ancien athlète international — durant 7 ans — j’ai décroché la médaille d’or aux Championnats arabes en 1975 en Libye. Ces dernières années et malgré le problème de salle, on a pu décrocher des résultats très probants avec beaucoup d’internationaux, dont Salim Zouaoui, qui s’est classé 7e aux championnats du monde sans oublier les autres athlètes qui sont actuellement à l’étranger
Quels sont l’effectif et le palmarès du MBB ?
Notre effectif tourne autour de 80 athlètes dont la moitié sont compétitifs mais on ne s’intéresse, depuis un certain temps, qu’aux tumbling et trampoline. Notre palmarès est très riche et chaque année on arrive à décrocher des titres nationaux et même internationaux à l’image du dernier championnat d’Algérie, qui s’est déroulé au mois de juin dernier à Bab Ezzouar, nos athlètes ont pu décrocher 5 médailles dont 3 en or, une en argent et une en bronze.
Ces résultats ont été décrochés malgré le manque flagrant de moyens.
En parlant de moyens, quel est l’état des lieux ?
Notre problème essentiel est la salle, pendant l’hiver, notre matériel est exposé à l’usure car les infiltrations d’eau font rage. Le ministre de l’époque, Yahia Guidoum, avait ordonné la construction d’une nouvelle salle à l’Opow pour récompenser notre club mais on l’attend toujours et je crois que ce n’est pas pour demain malgré que les travaux soient achevés.
Pour le matériel pédagogique, notre président, Hamid Merouani, fait des mains et des pieds pour nous équiper et on attend les promesses de l’APC de Béjaïa.
Vous êtes entraîneur-adjoint de l’équipe nationale de tumbling et trampoline, un mot ?
Je suis actuellement entraîneur-adjoint de l’équipe nationale de tumbling et trampoline, on s’est préparé activement pour prendre part au championnat d’Afrique qui devrait avoir lieu en Libye mais dommage qu’il ait été reporté à cause de l’absence de l’Afrique du Sud. Pour le programme de notre sélection nationale, on attend les élections de la Fédération pour tracer un programme à court et moyen termes.
Vous avez sûrement un appel à lancer aux autorités locales…
Il faut que nos responsables se penchent un peu plus sur notre situation surtout vis-à-vis de la salle qui date de plus d’un siècle, qu’ils aident nos athlètes surtout nos internationaux qui sont au chômage.
Notre matériel est très usé, révolu et ne répond plus aux normes internationales surtout pour un sport aussi sensible et si difficile.
Notre section se penche plus sur les tumbling et trampoline à cause de l’exiguïté de notre salle, on a même ôté et déplacé tout le matériel de gymnastique vu qu’il n’y a pas de place pour tout ce matériel donc on se contente de ce qu’on a.
On vous laisse le soin de conclure…
J’espère que nos responsables se pencheront sérieusement sur cette discipline qui est en train de donner beaucoup de satisfaction au niveau national et international.
Qu’on nous règle le problème de la salle car ce n’est pas normal de continuer à s’entraîner dans une salle qui est plus que centenaire. Je remercie beaucoup notre président de section, M. Merouani, qui fournit des efforts énormes pour rendre à cette discipline son blason d’antan.
Entretien réalisé par Zahir Hamour
