“Organisation et fonctionnement des structures sanitaires”, “Evaluation du programme national de santé dans les hôpitaux publics” et “Gestion des déchets hospitaliers”, tels sont les principaux thèmes inscrits au programme de la journée scientifique conjointement organisée hier à la maison de la culture Rachid-Mimouni de Boumerdès, par l’union locale UGTA et la DSP sous le patronage du ministère de la tutelle.Programmée en l’honneur de six médecins de la wilaya officiellement promus le 4 juillet comme praticiens inspecteurs, cette rencontre a notamment permis de faire l’état des lieux de la santé au niveau national et d’expliciter les techniques de gestion des établissements hospitaliers.Capitalisant son expérience en tant que médecin-coordinateur de la polyclinique du centre-ville de Boumerdès, Ali Loubar, expliquera en substance, les missions et les attributions de chaque responsable au niveau des structures sanitaires. Il souhaite dans la même optique que les pouvoirs publics accordent plus d’importance aux unités (sanitaires) de base (dispensaires, maternités semi-rurales…) en les dotant de moyens humains et matériels permettant une bonne prise en charge des besoins de la population.S’appesantissant sur le concept de gestion, il recommandera l’implication des collectivités locales et des associations, notamment dans la préservation de l’hygiène du milieu. Pour économiser le temps et les énergies, “chaque institution ayant des rapports avec le secteur de la santé devrait connaître ses prérogatives”, a-t-il encore expliqué. Exemple le partage des tâches : L’institution éducative peut bien recruter son propre personnel médical et paramédical, alors que le rôle de contrôler et d’évaluer les actions menées au profit des scolarisés incombe à l’administration sanitaire locale.Lui succédant, le docteur Boualem Ouzeriat, praticien à l’hôpital de Bordj Ménaïel fera un exposé sur l’accès aux soins de santé maternelle en milieu rural. On y constate un manque criant de commodités, dont les premières victimes sont les parturientes. Sur un échantillon de 1 500 femmes en âge de procréer et résidantes en zones rurales ou semi-rurales, les résultats d’une récente enquête ont révélé, selon ce praticien, le drame social d’une importante partie de la population. “Telles qu’elles fonctionnent, ces maternités rurales sont plutôt des maternités à risque”, a-t-il précisé.L’enquête nationale effectuée en 1999 fait ressortir le taux le plus élevé de mortalité infantile dans la wilaya de Boumerdès, avec 166 décès pour 100 000 naissances vivantes. Alger aurait enregistré le taux le plus bas, selon les résultats de la même enquête, avec 84 décès pour le même échantillon.L’orateur conclut que la prise en charge des besoins de la population rurale est surtout une question de respect des droits de la personnalité humaine, de justice sociale. Son souhait : désenclaver au plus vite ces zones rurales en réglant les problèmes d’eau, de transport, de chauffage, du mauvais état des routes, améliorer les prestations de services de la santé et les conditions de vie des femmes, dont 1/4 sont analphabètes. Abondant dans le même sens, d’autres intervenants ont parlé de ces urgences médico-chirurgicales à réformer d’urgence. D’autant que de nombreux hôpitaux, particulièrement à Boumerdès, accusent un déficit en gynécologues de garde et autres spécialistes en diabétologie.Touhent Djalel a expliqué, lui, les techniques modernes de gestion des déchets hospitaliers. Il recommande aussi la contribution des responsables locaux et autres associations écologiques dans la préservation de l’environnement. Le règlement des problèmes de la santé publique est, de toute évidence, lié à d’autres équations sociales à résoudre, peut-on conclure en se basant sur les recommandations des organisateurs de cette journée. Celle-ci a été clôturée par une remise de cadeaux aux six médecins promus praticiens inspecteurs.
Salim Haddou
